À compter du 1er janvier 2027, la répartition du remboursement de certains soins dentaires va évoluer. L’Assurance maladie pourra réduire sa participation, laissant davantage de dépenses aux complémentaires santé. Un changement susceptible d’avoir des conséquences concrètes sur le budget de nombreux assurés.
Dès janvier 2027, l’Assurance maladie pourra réduire sa part sur certains soins dentaires
Le changement vient d’un décret publié le 22 août 2026 au Journal officiel, dont l’application est prévue au 1er janvier 2027. Le texte modifie les limites de participation financière des assurés pour les honoraires des chirurgiens-dentistes et certains actes dentaires, sans imposer directement un taux unique de remboursement.
Concrètement, les taux de participation aujourd’hui compris entre 35 % et 45 % pourront atteindre 50 % à 60 %. Cela signifie mécaniquement que la part supportée par l’Assurance maladie pourra diminuer. Pour certaines dépenses, sa prise en charge pourrait ainsi se situer entre 40 % et 50 %.
À retenir :
entrée en vigueur le 1er janvier 2027 ;
une part potentiellement plus importante transférée vers les complémentaires ;
le taux exact applicable devra être déterminé dans le cadre prévu par la réglementation.
ALD, 100 % Santé, M’T dents : plusieurs dispositifs resteront protégés après la réforme
Tous les patients ne seront heureusement pas concernés de la même manière. Le décret maintient notamment la prise en charge à 100 % des soins liés à une affection de longue durée, lorsque ces soins entrent dans le cadre de l’ALD. Pour ces assurés, aucune hausse supplémentaire du reste à charge n’est annoncée.
Autre protection importante : les soins dentaires entrant dans le panier 100 % Santé conservent leur fonctionnement. Ce dispositif permet, sous certaines conditions, de bénéficier de certaines prothèses dentaires sans reste à charge après intervention de l’Assurance maladie et d’une complémentaire responsable.
Les jeunes bénéficient également d’un filet de sécurité. Les rendez-vous du programme « M’T dents tous les ans ! », destiné aux 3 à 24 ans, doivent rester sans reste à charge. Les personnes bénéficiant de la Complémentaire santé solidaire ne devraient pas non plus subir de dépense supplémentaire liée à cette réforme.
Mutuelles et assurés sans complémentaire pourraient supporter davantage de dépenses dentaires
Pour une personne bien couverte par une mutuelle, la baisse de participation de l’Assurance maladie ne se traduira pas nécessairement par une facture plus élevée immédiatement après un soin. La différence pourra être absorbée par la complémentaire santé, selon les garanties prévues dans le contrat souscrit.
La situation est beaucoup moins confortable pour les personnes sans complémentaire santé. La part abandonnée par l’Assurance maladie pourrait alors rester directement à leur charge. Cette évolution nourrit les inquiétudes des professionnels, qui redoutent que certains patients reportent des soins lorsque leur budget est déjà fortement contraint.
Les profils à surveiller particulièrement :
les assurés ne disposant d’aucune complémentaire ;
les contrats proposant de faibles garanties dentaires ;
les ménages dont les cotisations de mutuelle représentent déjà une dépense importante.
Pourquoi les cotisations des complémentaires santé pourraient aussi évoluer à terme
Le véritable enjeu dépasse donc le montant affiché sur une feuille de soins. Une dépense moins supportée par l’Assurance maladie doit être financée ailleurs. Selon les estimations relayées par la Mutualité Française, le transfert concernant les soins et prothèses dentaires représenterait environ 510 millions d’euros pour les complémentaires.
Cette nouvelle répartition suscite une vive opposition chez certains chirurgiens-dentistes. Les Chirurgiens-Dentistes de France ont annoncé vouloir contester la mesure devant le Conseil d’État. Leur crainte porte notamment sur l’accès aux soins si davantage de dépenses finissent directement ou indirectement par peser sur les patients.
Reste une inconnue essentielle pour 2027 : l’évolution des tarifs des complémentaires santé. Une hausse automatique des cotisations ne découle pas du décret lui-même. Mais une augmentation durable des dépenses remboursées par les organismes complémentaires pourrait peser sur leurs futurs tarifs. Pour les assurés, comparer ses garanties dentaires devient donc particulièrement pertinent.

