Service civique : sensibiliser les jeunes à la santé mentale

Camille Tribet· 16 mars 2026 à 06:00
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Dans les collèges et lycées, des volontaires du service civique ouvrent des espaces de parole sur la santé mentale. Tiphaine, ambassadrice nous raconte.

À écouter

Parler vrai, sans juger : un cadre qui rassure

Aller parler de santé mentale à l’école, c’est la mission que des jeunes de 16 à 25 ans peuvent choisir dans le cadre du service civique, notamment avec l’association Unis-Cité. D'abord,  « on prend un temps d’échange pour leur dire que l’intervention se passe dans la bienveillance, dans l’écoute, dans le partage », explique Tiphaine, ancienne volontaire devenue ambassadrice.

La règle est simple  : « ce qui est dit dans cette pièce restera dans cette pièce ». Pas de jugement, pas d’étiquettes, mais une discussion ouverte, à hauteur d’ados. Une approche qui dédramatise et encourage ceux qui n’osent pas parler à mettre des mots sur ce qu’ils traversent.

Parler de santé mentale entre pair

Quand le thème est lancé, beaucoup d’élèves pensent d’abord à la dépression, la bipolarité ou la schizophrénie. Tiphaine le constate souvent : « alors qu’en fait, c’est beaucoup plus large que ça, la santé mentale » insiste-t-elle. Elle englobe aussi les émotions du quotidien : joie, inquiétude, colère, tristesse, fatigue, stress.

L’enjeu, c’est d’éviter l’amalgame entre fragilité passagère et maladie. « Tu te sens peut-être un petit peu plus triste que les autres, mais ce n’est pas pour autant que tout de suite tu es un fou », rassure-t-elle.  Avant d’intervenir en établissement, les volontaires “santé mentale” d’Unis-Cité suivent environ un mois de formation pour animer des échanges sécurisants et orienter vers les bonnes ressources.

Des ateliers créatifs pour apprendre à s’aider… et aider les autres

Sur le terrain, les interventions prennent la forme d’ateliers en groupe : brainstormings, dessins, jeux de définitions, mises en scène. L’objectif n’est pas de faire la leçon, mais de faire émerger des réflexes de soutien. « On n’est pas là pour leur donner les réponses directement, on est là pour les aider à trouver les réponses », insiste l'ambassadrice.

Par exemple, en groupe, ils devront réagir à un proche qui leur dit « je ne me sens pas bien, je suis dépressive ». Et souvent, quand il s'agit d'un tier, il est plus simple de dédramatiser la situation : peut-être une période difficile, l’hiver, un isolement, un besoin de parler. L'occasion d'éviter l'auto-diagnostique.

Autodiagnostic : redonner le bon réflexe, consulter

« On appuie beaucoup sur le fait que l’autodiagnostic est à ne pas faire, qu’il faut consulter des spécialistes », rappelle-t-elle. Les volontaires proposent aussi une “fiche ressource” pour orienter, sans forcer, vers des professionnels. Une passerelle simple, rassurante, pour transformer un doute en démarche de soutien. « Nous avons tous une santé mentale… et ce n’est pas grave. C’est OK de ne pas se sentir OK. » rappelle Tiphaine.

Alors que le service civique fête ses 16 ans, ces missions de sensibilisation rappellent que parler, c’est déjà prendre soin. Pour les jeunes qui veulent agir, s’engager, ou simplement être utiles, ouvrir ces espaces de dialogue à l’école peut devenir un premier pas puissant vers une société plus attentive et plus sereine.

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