Et si la qualité de vie au travail se jouait moins en salle de formation que dans le réel, au quotidien ? Marine Jaïs propose à l'occasion de la semaine de la QVCT de transformer durablement les habitudes.
À écouter
La semaine nationale pour la Qualité de Vie et les Conditions de Travail se déroulera cette année 2026 du 15 au 19 juin. L'occasion d'évoquer dans les organisations les gestes de management, le leadership, la santé mentale, la cohésion d’équipe, la culture du feedback, etc. Des thèmes connus et attendus par les DRH. C'est là où Marine Jaïs pointe un angle mort fréquent : « Il y a une vraie distinction entre le savoir et le faire. » Son cabinet, Strong Simone Conseil, revendique une approche très concrète : moins de théorie, plus d’expérimentation !
Un choix qui répond à un enjeu majeur d’efficacité. Les entreprises investissent massivement dans le développement des compétences, notamment les soft skills et la QVCT. Mais une fois la session terminée, que reste-t-il dans les pratiques ? « Ils repartent avec de bonnes intentions, mais quid réellement de l’expérimentation, de la mise en pratique des outils ? », interroge-t-elle.
Marine Jaïs rappelle que plus de 56 milliards d’euros sont dépensés chaque année par les entreprises en formation. Son pari : transformer cet investissement en changements visibles sur le terrain.
Une méthode basée sur l’expérimentation et l’ancrage
La promesse de Strong Simone Conseil tient en quelques mots : accompagner les managers jusqu’à la mise en œuvre. « On les accompagne à la mise en place de ces outils, pour de l’expérimentation et après un ancrage, pour transformer le travail », explique Marine Jaïs. L’objectif : donner une vraie marge de manœuvre à des managers souvent sous pression, dans des environnements complexes.
Dans ses interventions, l’interactivité est centrale. Jeux de rôle, mises en situation, entraînements à la prise de parole : « C’est parfois plutôt challengeant pour les participants, mais c’est essentiel », assume-t-elle. Ce cadre sécurisé permet de rendre visibles les mécanismes relationnels qui, d’ordinaire, restent implicites… et d’ouvrir la voie à des déclics concrets.
Dire les choses avec une “fermeté bienveillante”
Parmi les difficultés les plus fréquentes en entreprise, Marine Jaïs cite la communication empêchée : les non-dits, les tensions qu’on évite, les sujets qu’on repousse quand il y a un lien hiérarchique. Or, ce silence finit souvent par peser. Son approche consiste à repartir d’une situation réelle vécue par un manager ou un collaborateur, puis à la rejouer pour tester d’autres options.
Le cœur de l’apprentissage : l’assertivité. « L’assertivité, c’est tout simplement de pouvoir dire quand ça ne nous convient pas, mais sans agressivité », résume-t-elle, parlant aussi de « bienveillance ferme » ou de « fermeté bienveillante ». À la clé, une posture plus solide, un leadership plus serein, et une confiance qui se construit en action, pas seulement en intention.
Santé mentale : des leviers simples, gratuits et puissants
Pour Marine Jaïs, la posture managériale et la santé mentale sont intimement liées. Garder pour soi, encaisser, « ressasser » les scènes dans sa tête : autant de charges invisibles qui finissent par user. D’où l’importance de considérer son « capital mental » aussi sérieusement que son capital physique, et de passer à l’action.
Bonne nouvelle : certains leviers ne coûtent rien. « Les respirations et les pauses », insiste-t-elle, en observant des managers qui enchaînent sans s’arrêter, parfois « un sandwich devant leur ordinateur » au nom d’une performance immédiate. Une performance « en pic », dit-elle, qui n’est ni durable ni favorable à la concentration. Les neurosciences le confirment : le cerveau ne peut pas fonctionner à pleine capacité sans temps de récupération.
Autre vigilance : les interruptions permanentes, des notifications aux sollicitations multiples, qui fragmentent l’attention et épuisent. Là encore, l’enjeu n’est pas de viser la perfection, mais de reprendre la main sur son rythme, pour travailler mieux… et vivre mieux.
À l’approche de la Semaine de la qualité de vie et des conditions de travail, Strong Simone Conseil rappelle une idée simple et encourageante : le changement commence quand on s’autorise à tester, à dire, à ajuster. Et si, dès aujourd’hui, chacun choisissait une micro-expérimentation — une pause vraie, un feedback clair, une conversation courageuse — pour rendre le travail plus humain ?

