Découvrez comment l'hypnothérapie modifie les circuits de l'attention et de la douleur dans le cerveau pour vous aider à surmonter les addictions.
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Arrêter de fumer, de boire, retrouver un rapport sain à son alimentation, lutter contre les phobies… L’hypnose peut se révéler être une alliée de poids lorsqu’on cherche à aller mieux. Et cela marche aussi pour lutter contre les douleurs. Le médecin hypnothérapeute Jean-Marc Benahiem utilise cette technique depuis 1979. L’être humain est très influençable. Dit comme ça, cela peut paraître comme un défaut mais c’est aussi grâce à cette grande influençabilité que nous apprenons à lire et à écrire. Et c’est aussi grâce à elle que nous pouvons nous soigner par l’hypnose.
En fait, il s’agit de se reconnecter avec notre corps, dont nous pouvons nous absenter pour diverses raisons. S’en éloigner à tel point que nous acceptons d’y introduire du goudron et de l’ammoniac par exemple, avec la cigarette. L’hypnose peut nous permettre d’arrêter de penser et de nous retrouver, dans notre corps. Et c’est cette perception, celle de notre corps, qui va nous permettre de modifier celle que l’on a de quelque chose. Prenons encore l’exemple de la cigarette : seul notre cerveau, où se situe le circuit de la récompense, la considère positivement mais nos poumons, eux, ne lui ont jamais souhaité la bienvenue !
Contrairement aux idées reçues, l'hypnose n'est pas un état de sommeil ou d'inconscience, mais une phase d'hyper-focalisation attentionnelle. Les techniques d'imagerie par résonance magnétique montrent que lors de la transe, le réseau neuronal par défaut – responsable de la rêverie et du vagabondage mental – réduit son activité au profit d'une concentration intense. Cette bascule cognitive isole l'esprit des distractions extérieures et lui donne la souplesse nécessaire pour restructurer ses croyances profondes.
Apprendre à piloter cette focalisation sensorielle constitue un excellent entraînement pour optimiser ses ressources intellectuelles au quotidien, un enjeu de fond détaillé dans notre guide complet Cerveau et concentration : le guide complet pour mieux penser… pour développer une meilleure écologie de l'esprit.
La douleur n'est pas un simple signal électrique passif ; elle est entièrement reconstruite et interprétée par notre matrice corticale. Sous hypnose, le praticien ne supprime pas le message nerveux périphérique, mais il modifie la réponse émotionnelle du cerveau en découplant l'intensité de la sensation et sa charge désagréable. Les circuits de l'insula et du cortex cingulaire antérieur réduisent leur vigilance, permettant au patient de ressentir un soulagement immédiat, y compris lors d'interventions chirurgicales pratiquées sans anesthésie chimique lourde.
Cette distorsion bénéfique de la perception sensorielle rappelle à quel point notre système nerveux façonne notre rapport au réel, une malléabilité temporelle et spatiale que l'on observe également lorsque Après 40 ans, le temps s’emballe : ce que notre cerveau fait sans nous prévenir pour modifier notre ressenti des journées. Notre esprit possède ainsi d'immenses ressources cachées pour réorganiser ses filtres cognitifs.
Jean-Marc Benhaiem a aussi mis au point des techniques d’auto-hypnose qu’il développe notamment dans le livre « Hypnose-toi toi-même. » Cette démarche vise à autonomiser le patient en lui transmettant les clés de sa propre régulation nerveuse. En s'exerçant régulièrement à des protocoles de visualisation et de respiration rythmée, chacun peut apprendre à induire cet état de calme préfrontal en quelques minutes, que ce soit pour apaiser une crise d'angoisse ou pour neutraliser une pulsion addictive.
FAQ : L'Hypnose
Comment l'hypnose agit-elle concrètement sur le cerveau ?
L'état hypnotique induit une réorganisation des connexions entre le cortex préfrontal (siège du contrôle conscient) et le réseau neuronal par défaut. Cette modification de la connectivité cérébrale diminue la censure logique et permet d'accéder plus facilement aux structures émotionnelles inconscientes pour reprogrammer des comportements ancrés.
Combien de séances faut-il pour arrêter de fumer sous hypnose ?
L'hypnothérapie s'inscrit dans le champ des thérapies brèves. Pour le sevrage tabagique, de nombreux patients obtiennent des résultats durables en une à trois séances personnalisées. Le succès repose sur la motivation réelle de la personne et sa capacité à réactiver les rituels de reconnexion corporelle enseignés par le praticien.
Tout le monde est-il réceptif à l'hypnothérapie ?
La science montre que plus de 80 % de la population présente une réceptivité moyenne à élevée à l'induction hypnotique. Seule une infime minorité montre une résistance structurelle, souvent liée à une peur de perdre le contrôle ou à une hyper-analyse rationnelle du processus, des barrières qu'un climat de confiance peut lever.
L'autohypnose présente-t-elle des risques de rester "bloqué" ?
Il est biologiquement impossible de rester bloqué en état d'hypnose. Si vous pratiquez l'autohypnose en autonomie et que vous cessez de guider votre attention, la transe se dissipe naturellement en quelques minutes pour laisser place à un réveil classique ou à un sommeil physiologique réparateur.

