À Saint-Denis (93), des élèves de CM1/CM2 prennent la parole pour mieux protéger leur bien-être. Grâce à une consultation nationale de l’UNICEF, leurs ressentis deviennent une force pour agir, ici et maintenant.
À écouter
Dans les couloirs de l’école primaire Anatole France à Saint-Denis, la récréation vient de se terminer. Dans la classe de Madame Cissé, cet après-midi ne sera pas consacré aux mathématiques ou à l'anglais, mais à la santé mentale. Du 6 octobre 2025 au 9 mars 2026, l’UNICEF organise une grande consultation auprès des 6-18 ans partout en France.
Une enquête nationale pour transformer la parole en décisions
Jeanne Royer, coordinatrice de la consultation nationale à l’UNICEF France, pose le cadre : « Cette consultation nationale, c’est une enquête menée par l’UNICEF tous les deux ans depuis 2013 ». Sa particularité : mesurer l’application des droits de l’enfant « en se basant directement sur les dires (…) des enfants ».
Assis à leur table, les élèves répondent individuellement à des questions très concrètes : colère, tristesse, concentration, agitation, peur… Les mots sont simples, les situations parlent à tous. Une élève explique : « Non, jamais, parce qu’à part quand on m’énerve vraiment, mais d’habitude, je ne m’énerve pas rapidement. » Un autre confie : « Oui, parfois » à la question sur la tristesse.
Un enfant résume : « C’était pour des gens qui vont vérifier pour voir ce qu’ils peuvent faire pour les enfants. » Un autre insiste sur l’importance de dire vrai : « C’est surtout le but, c’est qu’on soit honnête (…) parce que sinon, on va toujours avoir les mêmes problèmes. » Même quand tout va bien, ils le revendiquent : « J’ai souvent dit que j’allais bien (…) comme ça, ils verront que pas tous les enfants ne se sentent pas bien. »
Avec les résultats, des actions ou propositions pourront être portées auprès des décideurs pour améliorer le bien-être des enfants, ou mieux le prendre en charge.
Mettre des mots, puis proposer des ressources
« C’est de la responsabilité des adultes avant tout de prendre soin de leur santé mentale » poursuit Jeanne. La consultation est aussi un moment d’éducation à la santé mentale. En classe, une question ouvre la discussion : qu’est-ce que la santé mentale ? Pour passer de la théorie à la pratique, l’UNICEF est accompagné par Petit Bambou fondation. Une organisation à but non lucrative qui met à disposition des contenus gratuits pour les enseignants. "Ce sont les abonnements de Petit bambou qui financent cette action" détaille Sophie Gosselin, responsable de Petit Bambou Fondation.
Ce jour-là, les élèves ont droit à une séance de méditation proposée par Gaelle Piton, sophrologue. Quelques minutes à se concentrer sur le son d'un bol tibétain. "Ce que ca peut apporter à cet âge, c'est de la prévention, avoir un vocabulaire des émotions, des sensations et écouter son corps" précise-t-elle. Cela peut aussi passer par une météo des humeurs avant de commencer la journée, tant de petits outils qui permettent de mieux grandir et mieux apprendre.

