Prise de parole : Siegfried HAACK "storytelle" pour convaincre avec le cœur

Gilles ANDRE· 16 avril 2026 à 14:36
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Mieux parler, ce n’est pas « avoir un don » : c’est apprendre à créer du lien. Siegfried HAACK accompagne dirigeants et équipes pour que leurs messages utiles soient enfin entendus. Et ça change tout.

À écouter

Faire passer les bons messages, pour de bonnes raisons

Siegfried HAACK a une boussole simple : l’humain. Pour lui, prendre la parole n’est pas une performance d’ego, mais un acte de transmission. « Il faut aimer les autres », résume-t-il, en parlant de cette envie sincère de faire parvenir un message à ceux qui en ont besoin.

Ce qui le touche le plus, ce sont les occasions manquées : « Rien ne m’attriste plus que les personnes qui ont un super produit, un super message, un super service… et au moment de le faire passer, eh bien, ça ne le fait pas. » Résultat : une double frustration, pour celui qui parle et pour celui qui écoute. Son travail consiste justement à réconcilier les deux.

La prise de parole, une compétence qui se construit

Bonne nouvelle pour les timides, les hésitants ou ceux qui se croient « nuls à l’oral » : la prise de parole n’est pas réservée à quelques élus. « Pour moi, ce n’est pas un talent inné… c’est vraiment quelque chose qui s’acquiert », insiste Siegfried, lui-même passé par ces difficultés plus jeune.

Son mot d’ordre tient en une formule répétée par l’un de ses mentors : « stage time, stage time, stage time ». Autrement dit : pratiquer, pratiquer, encore et encore. Comme un sportif de haut niveau, on progresse avec l’entraînement… A condition de s’entraîner avec méthode !

Deux questions qui transforment un discours en impact

Avant une conférence, une réunion, une assemblée générale ou même des vœux de début d’année, Siegfried Haack propose de poser un cadre clair. D’abord : « À qui je m’adresse ? » Managers, commerciaux, équipes fatiguées, collaborateurs en quête de sens… chaque public a ses attentes et son état d’esprit.

Ensuite, la question décisive : « Avec quoi je veux qu’ils repartent ? Qu’est-ce que je veux qu’ils fassent, qu’ils se disent, qu’ils pensent ? » Il le constate sur scène comme en coaching : quand cette intention est floue, on se bloque. Quand elle est précise, « 50% du travail » est déjà fait.

Le storytelling, l’art d’embarquer sans manipuler

Pour capter l’attention et rendre un message mémorable, Siegfried Haack mise sur la narration. Le storytelling, explique-t-il, ce n’est pas « raconter une histoire pour une histoire ». C’est une histoire avec un problème, une tension, un enjeu… bref, quelque chose qui donne envie de suivre.

Il le démontre avec un exemple simple : sans obstacle, pas d’intérêt. Avec un conflit, on veut connaître la suite. Et ces quatre mots suffisent souvent à ouvrir la porte de l’écoute : « il était une fois ». « À partir du moment où on dit “il était une fois”, hop, on embarque le public », assure-t-il.

Son conseil aux dirigeants est clair : intégrer du storytelling « au maximum » dans toutes les prises de parole, surtout quand le sujet devient abstrait. Il cite même Albert Einstein comme modèle : capable d’expliquer des concepts vertigineux avec des images et des récits qui rendent l’idée limpide.

Dans l’entreprise, l’effet est immédiat. Plutôt que d’ordonner « faites +30% », il propose de raconter une trajectoire : l’arrivée sur un marché, les doutes, l’effort collectif, les victoires… puis l’objectif à venir. On ne reçoit plus une consigne : on rejoint un élan.

Au fond, la promesse de Siegfried Haack est simple et profondément positive : chacun peut apprendre à parler avec clarté, structure et émotion, sans trahir qui il est. Une prochaine présentation à préparer ? Commencez par ces deux questions, puis entraînez-vous… et osez dire, vous aussi, « il était une fois ». Merci Siegfried !

#Mieux travailler