Pollen : pourquoi sommes-nous de plus en plus allergiques ?

Camille Tribet· 16 avril 2026 à 09:05
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Mieux prévoir les pics de pollen, c’est déjà mieux vivre avec ses allergies. À Paris, des scientifiques mesurent enfin ces particules dans l’air.

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Les allergies, un enjeu de qualité de vie

Nez qui coule, éternuements, yeux qui grattent… "Toutes les études montrent qu’avoir une rhinite allergique, c’est associé à une altération de la qualité de vie", rappelle le pneumologue Bruno Crestani, chef du service pneumologie à l’hôpital Bichat et président de la Fondation du Souffle. Sommeil perturbé, fatigue, gêne constante : pour beaucoup, la saison des pollens n’a rien d’anodin. En France, environ un tiers de la population serait concerné, signe d’un phénomène devenu massif. Et d'ici 2050, la moitié de la population serait concernée.

Pollution et pollens : un duo qui aggrave les réactions

Les chercheurs observent une interaction de plus en plus nette entre l’exposition aux pollens et la pollution atmosphérique. « Si il y a dans l’air des particules diesel, par exemple, elles vont absorber les pollens », détaille Bruno Crestani. Résultat : ces particules peuvent pénétrer plus profondément dans les voies respiratoires et amplifier la réponse allergique. Voilà pourquoi « on a intérêt à lutter contre la pollution atmosphérique, on luttera en même temps contre les allergies respiratoires » précise-t-il.

Pourquoi sommes-nous plus sensibles qu’avant ?

Le problème n’est pas seulement qu’il y aurait “plus de pollen”, mais surtout que nous y réagissons davantage. Plusieurs facteurs se cumulent : pollution, réchauffement climatique, perte de biodiversité, alimentation ultra transformée et même notre mode de vie plus aseptisé. Moins exposé aux microbes et à la diversité du vivant, notre système immunitaire se dérègle et se met à réagir à des éléments comme les pollens. Et puis il y a la santé mentale et ce stress qui « module l’activité de notre système immunitaire ».

Mesurer le pollen pour mieux anticiper : la piste qui change tout

Bonne nouvelle : la santé respiratoire est de plus en plus connue par le grand public grâce à la prévention. Mais la recherche est encore très peu financée en France et dans le monde. D'ailleurs ce pollen, on ne sait pas vraiment l'identifier et le calculer. Alors depuis deux ans, une équipe du CNRS d'Orléans menée par Jean-Baptiste Renard, s’attaque à ce manque avec un dispositif inédit.

Accroché au Ballon Generali, deux instruments tournent en continu : l’un surveille les particules fines (PM10, PM2,5), l’autre mesure le pollen, du sol jusqu’à 150 mètres d’altitude. Car aujourd'hui, les cartes ne donnent que des estimations. Les premiers résultats dessinent une météo du pollen bien plus précise. En ce moment, les chercheurs observent « une couche de pollen à peu près vers 100 mètres d’altitude émise par la forêt de Meudon ». Celle-ci survole Paris et finira par “tomber” vers l’est de la capitale. À terme, ces mesures pourraient permettre d’identifier clairement les pics et d’aider les personnes allergiques à adapter leurs sorties, leurs traitements et leur quotidien. 

 

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