Planet Score rend l’impact environnemental de notre alimentation lisible. Une étiquette pensée avec la société civile, visible sur des millions d’emballages pour accélérer la transition sans opposer les acteurs.
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Une étiquette née des vraies questions des consommateurs
Comment savoir, au moment d’acheter, ce qui pèse réellement sur la planète et sur le vivant ? C’est à partir de cette attente très concrète que Planet Score a été conçu, avec l’ambition de donner une information environnementale plus complète que les repères habituels. L’étiquette ne se limite pas à un seul indicateur : elle met en regard plusieurs dimensions qui comptent pour les citoyens.
Sur Planet Score, on trouve notamment des informations sur l’usage de pesticides, l’impact sur la nature et la biodiversité, l’impact sur le climat, ainsi que le bien-être animal via les modes d’élevage. Un choix assumé par Sabine Bonnot, cofondatrice et présidente de l’entreprise à mission. « On a fait le choix de répondre aux questions que se posaient vraiment les citoyens, les consommateurs concernant leur alimentation », explique-t-elle.
Le projet s’est construit à partir d’enquêtes menées en 2020 et 2021, puis d’une demande claire venue du terrain. Associations de consommateurs, ONG, agriculteurs, filières et coopératives ont poussé dans le même sens : mieux informer, et le faire avec sincérité. « On a vraiment besoin d’informer les consommateurs correctement », résume Sabine Bonnot, en rappelant que Planet Score est né de cette impulsion collective avant de se structurer à partir de 2022.
Du siège des multinationales aux champs du Gers : un parcours de reconnexion
Avant Planet Score, Sabine Bonnot a connu les coulisses de l’agroalimentaire et de l’agrochimie à l’échelle internationale, en France comme en Europe, mais aussi au Japon et aux États-Unis. Une trajectoire qui lui donne une lecture rare des mécanismes de production, de transformation et de normalisation. Avec, peu à peu, une envie de vérifier comment les exigences “sur le papier” se vivent réellement sur le terrain.
Elle décide alors de s’installer comme agricultrice dans le Gers, pour se rapprocher de la nature et de la réalité quotidienne de la production alimentaire. « Je me suis installée comme agricultrice… pour me reconnecter à la nature et à la réalité de ce que c’est que la production alimentaire », raconte-t-elle. Une étape fondatrice, qui ancre son approche dans le concret plutôt que dans des injonctions descendantes.
Son parcours passe aussi par le champ académique, au sein d’un institut technique, où elle pilote un pôle “Durabilité et transition”. Un détail compte : elle parle de “transitionS”, au pluriel. « Il n’y a rien qui est binaire. On a plusieurs trajectoires possibles sur ces chemins de transition », insiste-t-elle. Cette idée irrigue Planet Score : avancer, oui, mais avec des repères utiles, des leviers réalistes et une méthode qui respecte la diversité des situations agricoles.
Un pont entre ceux qui produisent et ceux qui choisissent
Planet Score s’adresse aux consommateurs, mais il se veut aussi un outil de reconnaissance pour les producteurs, les éleveurs, les coopératives et les entreprises qui s’engagent. L’enjeu : rendre visibles les efforts, et éviter les évaluations déconnectées des contraintes de terrain. « L’enjeu, c’était d’informer de manière loyale… et parallèlement de rendre visibles les démarches et les efforts des agriculteurs et des coopératives », souligne Sabine Bonnot.
Dans un secteur où la pression économique est forte, mettre en lumière le travail des agriculteurs n’a rien d’anecdotique. La présidente de Planet Score le dit sans détour : « C’est vraiment le plus beau métier du monde, mais c’est réellement le plus difficile ». L’étiquette devient alors un outil de dialogue : elle aide à comprendre pourquoi certains choix de production comptent, et ce qu’ils impliquent.
Côté organisation, Planet Score s’appuie sur une équipe d’une dizaine de collaborateurs, renforcée par des partenaires thématiques et internationaux. L’initiative a déjà franchi les frontières : elle est présente dans plus de 13 pays en Europe, ainsi qu’en Amérique du Nord et du Sud. Un déploiement rapide, porté par une demande croissante de transparence et par la volonté d’aligner information, progrès et crédibilité. Planet Score est déjà visible sur plus de 300 millions d’emballages et l’entreprise travaille avec 330 marques à l’échelle européenne.
Au-delà du logo : un outil d’éco-conception pour faire progresser les recettes
Voir une étiquette en rayon, c’est la partie la plus visible. Mais, comme le rappelle Sabine Bonnot, « l’étiquette, c’est le bout du bout ». Dans les faits, une grande partie du travail se joue en amont : bilan environnemental de l’offre, identification des points d’amélioration, choix des leviers les plus efficaces, puis accompagnement dans la durée.
Beaucoup d’entreprises n’affichent pas immédiatement Planet Score. Sur les 330 marques accompagnées, un peu plus d’un tiers affiche l’étiquette, tandis que les autres travaillent d’abord sur leur trajectoire de progrès. Il faut parfois un, deux ou trois ans avant d’aller jusqu’à la transparence totale, le temps d’engager des démarches complémentaires et de sécuriser des changements réels.
Le conseil prend alors une dimension très pragmatique : comprendre où se situe l’impact principal d’un produit, même quand l’intuition dit l’inverse. Sabine Bonnot cite l’exemple de recettes à base de purée, beurre ou crème : certains pensent devoir agir d’abord sur la pomme de terre. Or, selon l’origine et les modes de production, un ingrédient minoritaire en poids peut peser plus lourd en impact. Ce type d’analyse permet d’éviter les fausses bonnes idées et d’investir là où cela change vraiment la donne.
Planet Score aide aussi à calibrer des cahiers des charges concrets pour animer les démarches avec les producteurs et les coopératives. L’objectif n’est pas de “noter pour noter”, mais de structurer des progrès mesurables, compréhensibles et compatibles avec les réalités agricoles. Une logique de coopération : l’information au consommateur devient le prolongement d’un travail collectif sur les filières.
Cantines scolaires : pédagogie, choix éclairés et effets mesurés
Parmi les terrains d’action qui tiennent particulièrement à Sabine Bonnot, la restauration scolaire occupe une place à part. Planet Score y sert à la fois d’outil d’éco-conception des approvisionnements et de support pédagogique pour les convives. Et ces convives sont nombreux : des tout-petits à l’école aux adultes en restauration d’entreprise.
L’expérience a aussi permis de tester ce qui déclenche vraiment l’attention. Certaines cantines avaient misé sur une information limitée au carbone, pensant que le climat guiderait les choix. Or, les retours sont clairs : le climat compte, mais il n’est pas toujours le premier moteur. Les consommateurs, comme les convives, se montrent souvent plus sensibles à l’usage de pesticides et au bien-être animal, puis aux impacts sur la nature, avant le changement climatique.
Ce constat renforce l’intérêt d’une étiquette multi-critères : elle parle le langage des préoccupations quotidiennes, tout en gardant une vision complète. Planet Score s’appuie désormais sur des études montrant un impact sur les comportements : l’outil peut augmenter le consentement à payer et encourager des choix plus responsables, en rayon comme à la cantine. Une dynamique qui donne du poids aux efforts des filières engagées, et rend la transition plus tangible pour chacun.
Une transition plus lisible, pour une alimentation qui progresse partout
Les chiffres publiés par Planet Score rappellent l’ampleur du défi : moins de 16% du marché serait aujourd’hui “dans le vert” (entre A et B), et moins de 1% en A. Loin de décourager, cette photographie sert de boussole : elle montre qu’il existe une marge de progression considérable, et donc un potentiel d’action immense, pour la santé des personnes comme pour celle de la planète.
À l’échelle d’un produit, d’une cantine ou d’une marque, l’étiquetage environnemental devient une passerelle : il rend visibles les efforts, éclaire les arbitrages, et aide à orienter les investissements vers les bons leviers. En rapprochant le consommateur du réel, Planet Score contribue à une transition plus concrète et plus partagée, où chacun peut avancer à son rythme, avec des repères clairs et une envie renouvelée de faire mieux.

