Et si l’optimisme était une discipline qui se cultive, même quand le réel secoue ? Avec la Ligue des optimistes et l'AFCP, Philippe Gabilliet partage son métier de conférencier de l'optimisme.
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Faire vivre l’optimisme au quotidien
Depuis 2010, la Ligue des optimistes de France prend de l’ampleur et s’installe dans le paysage des initiatives positives. Son co-créateur, Philippe Gabilliet, professeur émérite et conférencier, voit l’optimisme comme une force collective à entretenir. « On a fêté les 15 ans l’année dernière, et ça continue à bien fonctionner », souligne-t-il, évoquant une dynamique portée par des délégations régionales en France et dans les DOM. Une newsletter hebdomadaire vient aussi nourrir ce lien, semaine après semaine. La Ligue des optimistes de France rassemble aujourd’hui 45 000 sympathisants et diffuse une newsletter chaque semaine.Choisir l’espoir contre la peur : une discipline, pas un déni
Pour Philippe Gabilliet, être optimiste ne consiste pas à fermer les yeux sur les difficultés. C’est décider d’avancer avec lucidité, y compris quand la situation est dure. « Un optimiste, c’est quelqu’un qui a décidé une bonne fois pour toutes de faire le choix de l’espoir et de la volonté contre la peur et le doute », résume-t-il. Et face à l’adversité, l’optimisme se transforme en question très concrète : « Maintenant que c’est là, il va falloir qu’on fasse avec : qu’est-ce qu’on va bien pouvoir en faire d’intéressant ? »Repérer les exceptions positives pour apprendre à réussir autrement
L’un des réflexes optimistes qu’il défend : mieux lire le réel, notamment à travers les statistiques. Quand un indicateur social ou économique est mauvais, il propose de chercher les trajectoires qui contredisent la fatalité. « Dès l’instant où une exception est positive, elle est porteuse d’enseignement », insiste-t-il. L’idée n’est pas de nier les inégalités, mais d’identifier ce qui fonctionne malgré elles, pour pouvoir le transmettre et le reproduire.En entreprise, l’optimisme devient un levier d’action collective
Dans le monde du travail, l’optimisme prend une dimension très opérationnelle. Philippe Gabilliet rappelle que l’engagement, l’agilité ou la motivation reposent sur deux piliers : la confiance et le sentiment d’avoir prise sur les choses. « Il faut avoir un minimum de confiance… et surtout, il faut avoir le sentiment qu’on a des marges d’action », explique-t-il. À l’inverse, le pessimisme collectif s’installe quand se mélangent « la défiance » et « le sentiment d’impuissance », jusqu’à paralyser les équipes. Cette approche concerne aussi des métiers du lien : soignants, éducateurs, travailleurs sociaux, parents. Même sans “naturellement” être optimiste, la posture devient un outil professionnel. « Je dois apprendre à fonctionner en mode optimiste si c’est attendu par les gens qui sont en face de moi », affirme-t-il, voyant dans cet optimisme “méthodologique” une manière d’ouvrir des possibles, de soutenir, et de décider ensemble. Au fond, Philippe Gabilliet défend un optimisme qui ressemble à un pari sur la liberté : « On est toujours plus libre qu’on le croit ». Une invitation simple, et puissante qu'il développe dans ses conférences et dans son dernier livre : "la Fabrique du Destin" (éditions Saint-Simon). Les dernières minutes de cet entretien sont consacrées aux particularités du métiers de conférenciers et à sa participation à l'Association des Conférenciers Professionnels.#Mieux travailler

