Et si, pour grandir, il fallait parfois une main tendue… venue d’ailleurs ? En France, le parrainage de proximité crée des liens durables entre adultes et familles, pour souffler, se soutenir et reprendre confiance.
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Le parrainage de proximité repose sur une idée simple et profondément humaine : permettre à un enfant et à ses parents de compter sur une personne de confiance en dehors du cercle familial. « Parrain-marraine, c’est être aux côtés des parents », résume Lise-Marie Schaffhauser, présidente de l’Union nationale d’associations de parrainage de proximité (UNAPP). Un lien qui n’est ni professionnel, ni institutionnel, mais bien une présence choisie, inscrite dans la durée.
Longtemps associé en France à la protection de l’enfance, le parrainage souffre encore d’un malentendu. « On a installé le parrainage autour de l’idée que “si on y a recours, c’est qu’on n’y arrive pas” », regrette Lise-Marie Schaffhauser. Alors qu’au contraire, l’esprit du parrainage, c’est d’ouvrir une porte : celle d’un soutien supplémentaire, naturel, rassurant, et souvent décisif.
Des parents « sous pression » qui ont besoin d’alliés
Pour Marion Denis, du think tank Vers le haut, l’enjeu est clair : les familles ont besoin d’air. « Une famille sur quatre est monoparentale » rappelle-t-elle. Dans ces foyers, tout repose parfois sur une seule épaule : l’éducation, les démarches, le quotidien, les imprévus.
Le parrainage apporte alors un appui concret, sans jugement. « Ça permet de soulager un petit peu les parents, ça enlève des tensions aussi au sein de la famille », souligne Marion Denis. Et surtout, cela redonne confiance.
Une vieille idée… plus actuelle que jamais
Le parrainage n’a rien d’une mode récente : « Ça a 2 000 ans cette histoire-là », rappelle la présidente de l'UNAPP. Selon les travaux menés avec des historiens du parrainage en Europe, ce type de lien ressurgit « chaque fois qu’il y a des insécurités dans la vie ». Quand tout bouge, quand la fatigue s’installe, quand on ne sait plus vers qui se tourner, créer un lien fiable devient une ressource précieuse.
Et c’est justement ce qui fait la force du parrainage : sa place “entre” les choses. Entre la famille, parfois loin ou épuisée, et les institutions, indispensables mais souvent saturées. « Entre les cercles de soutien familiaux et les soutiens institutionnels… on n’a pas entre les deux », observe la présidente de l’UNAPP. Le parrainage, lui, vient remplir ce vide, avec une présence stable et identifiable.
Comment ça marche, concrètement ?
Dans les territoires où il existe, le parrainage de proximité peut s'organiser via des associations, notamment en Île-de-France. Elles accueillent parrains, marraines et familles, facilitent les rencontres, accompagnent la relation au début, puis s’effacent lorsque le lien est solide.
Pour elle, l’étape suivante est évidente : essaimer. « Toutes les mairies devraient pouvoir y consacrer un petit peu d’intérêt », plaide-t-elle. Car le parrainage n’est pas un dispositif lourd : c’est une culture du lien, une manière de faire société, simplement, durablement.
Et parfois, il suffit d’une phrase pour mesurer la beauté de cette réciprocité. Lise-Marie Schaffhauser raconte : « Quand j’ai eu des soucis de santé, j’ai dit à ma filleule “J’ai absolument besoin de toi”. Elle était ravie de me dire “Ah ben enfin !” » La solidarité n’est pas à sens unique : elle circule, elle relie, elle grandit des deux côtés.
Faire connaître le parrainage de proximité, c’est ouvrir un champ des possibles : pour un enfant, pour un parent, pour un adulte prêt à s’engager. Parce qu’un lien de plus, parfois, c’est une vie plus légère et une confiance retrouvée.

