« Un burn-out, oui ! Et Donc ». C’est le nom de la pièce de théâtre imaginée par Sylvie Seigeot. Un moment d’humour, un brin de philosophie pour parler de ce sujet sans tabous.
À écouter
Une rencontre qui transforme une épreuve en message
À l’origine de cette aventure, il y a une histoire de reconstruction. Sylvie Seigeot, comédienne et autrice, raconte avoir rencontré Jean-Cédric Violet, manager passé par un burn-out « assez sévère » en 2019. Deux ans plus tard, l’envie naît de faire de cette expérience un outil de sensibilisation, accessible à tous. « Il m’a demandé d’écrire une pièce sur le sujet, tout simplement », confie-t-elle.
L’objectif est clair : briser les tabous sans alourdir et permettre à chacun de se reconnaître, ou de mieux comprendre un proche, un collègue, une équipe. Le projet assume une ambition positive : rendre visible ce qui, souvent, reste tu.
Documenter pour respecter, puis écrire pour alléger
Pour traiter un sujet aussi intime, l’autrice avance avec humilité. « Ce n’est pas mon sujet le burn-out, je ne suis pas thérapeute, je ne suis pas psychologue ». Alors, elle récolte de la matière : le livre témoignage de Jean-Cédric, mais aussi des vidéos, podcasts et articles, pour saisir les mécanismes et les signaux.
Ensuite vient la patte du théâtre : créer du recul et de la respiration. « Un désir présent en permanence de faire en sorte que ça puisse être léger », explique-t-elle. Non pas pour nier la gravité, mais pour ouvrir une porte : celle d’une parole possible, partagée, et donc déjà réparatrice.
L’humour grinçant pour prendre du recul
Pour faire passer le message, l'autrice a imaginé deux personnages volontairement caricaturaux. « Ce sont absolument deux affreux qui ont comme activité professionnelle de générer du burn-out », dit-elle. Ces “monstres” se réjouissent de la chute du personnage central et c’est précisément là que naît l’humour : noir, grinçant, mais libérateur.
Parce qu’ils sont excessifs, presque grotesques, ils permettent au public de reconnaître des logiques toxiques sans se sentir accusé. « Ils nous aident à prendre du recul. C’est eux qui nous font rire. C’est eux qui nous amènent à des situations ubuesques », résume l’autrice. Un rire qui n’écrase pas, mais qui éclaire.
Le pouvoir du théâtre : rendre visible l’invisible
La force de la scène, c’est de matérialiser ce qui se joue à l’intérieur. « Le théâtre est un miroir », rappelle Sylvie. Là où, dans la vie, la petite voix saboteuse et l’élan protecteur restent immatériels, le spectacle les fait exister “en chair et en os”.
Dans la deuxième partie, le personnage prend conscience des “affreux”, mais aussi de son propre combat intérieur : « son ange noir-ange blanc », dit-elle, ces deux forces qui se disputent la suite. Et cette fois, l’histoire ouvre une perspective : comprendre, s’écouter, ajuster, demander de l’aide. « Bien évidemment, les gentils vont gagner. »
La pièce pourrait aussi être rejouée en entreprise, pour aborder autrement le burn-out avec les salariés. Une invitation à oser parler, à repérer les signaux, et à créer des environnements de travail plus humains. Parce qu’un dialogue qui commence, c’est déjà un pas vers le mieux-être.
"Un burnout, oui ! Et donc ?" : une pièce de théâtre qui sera jouée du 4 au 8 février au Cube Noir de Strasbourg.

