À l’hôpital Saint-Antoine à Paris, des soignantes cultivent le bien-être au quotidien pour prendre soin d’elles… et mieux prendre soin des autres.
À écouter
Des petits bonheurs qui changent la journée
Tout commence par un regard : celui qui choisit « le petit coin de ciel bleu » même quand le rythme s’accélère. Dans les couloirs de Saint-Antoine, Mathilde, Carine et Anita rappellent qu’une routine bien-être n’est pas un luxe, mais un appui concret. « La vie est faite de plein de petits bonheurs au quotidien. Il suffit d’ouvrir les yeux et savoir les apprécier », confie l’une d’elles. Une philosophie simple, portée par une conviction : respirer, ralentir, savourer, parce que « ça vaut la peine d’être vécu ».
Ces soignantes le disent sans détour : quand l’énergie baisse, surtout en hiver, les micro-pauses et les rituels deviennent des repères. Pas pour fuir le réel, mais pour retrouver de la présence. Et remettre du sens, même dans les journées les plus denses.
Matin ancré, journée recentrée : l’art des micro-rituels
Mathilde a trouvé son point de départ dès le réveil : « boire un bol d’eau chaude pour m’ancrer un peu dans cette nouvelle journée ». Un geste tout simple, qui marque une transition et installe un calme. Elle complète parfois avec « des affirmations positives » qu’elle écoute en se préparant, comme une façon de choisir son état d’esprit avant de plonger dans l’action.
Au fil des heures, la méditation devient un fil conducteur. « J’apprends vraiment à m’ancrer dans le moment présent, même en faisant des choses des plus simples, faire la vaisselle », explique-t-elle. Attendre un patient, marcher, ranger : tout peut devenir une occasion de revenir à soi. Une pratique accessible, adaptable, et surtout réaliste dans un quotidien hospitalier.
Respirer, s’isoler, se reconnecter à la nature
Carine, elle, parle d’un besoin vital :« j’ai besoin de respirer. J’ai besoin d’espace ». Sa routine tient en quelques minutes, répétées plusieurs fois par jour : se mettre en retrait, trouver un endroit calme, si possible dehors. Lever les yeux vers le ciel, croiser des arbres, écouter « un merle qui chante », et sentir la pression redescendre.
Ce sont des instants de décompression qui protègent l’équilibre intérieur. Carine le formule avec justesse : dans ces métiers, on a besoin de« se protéger pour être mieux pour les autres ». Une respiration, un pas dehors, une pause silencieuse : autant de façons derecharger sans s’absenter.
Chanter, se préserver, partager : l’élan du positif
Anita, ultra-sensible, a inventé sa propre image : la « méthode plume de canard », pour « s’hermétiser à tout ce qui m’agresse ». Méditation, yoga, respiration… et un allié inattendu : le chant. « En moment de gros, gros stress… il m’arrive de fredonner. C’est une façon de m’isoler, de me protéger, de me détendre », raconte-t-elle. Ce matin-là, c’était même « Freedom » de George Michael, fredonné comme un petit bouclier de bonne humeur.
Et puis il y a le réconfort du lien. Le sourire d’Anita, ce jour-là, vient d’un réveil en douceur avec son fils de 25 ans : « on est resté main dans la main et ça, ça m’a fait du bien ». Un câlin demandé simplement, un doudou assumé — « il n’y a pas d’âge pour en avoir » — et la preuve que le bien-être se niche aussi dans la tendresse.
Karine, elle, a trouvé un soutien dans un média qui fait du bien : AirZen Radio. « J’étais en recherche de ce type de médias… on est à saturation d’informations », dit-elle, saluant « les reportages » et « les musiques savamment choisies ». Et surtout, elle partage : « pourquoi le garder pour soi ? ». Une manière de prolonger la chaîne du positif, au travail comme dans la vie.
Ces routines ne demandent ni performance ni perfection : juste l’envie d’essayer, un jour après l’autre. Un bol d’eau chaude, trois gratitudes, une respiration dehors, une chanson fredonnée… et l’on découvre, comme elles, qu’il existe toujours une petite place pour le mieux-être — à saisir, et à transmettre.
Pour aller plus loin > Les voix du quotidien : des messages positifs pour 2026

