Parentalité : les livres de Laurence Pernoud se transmettent encore en 2026

Hemelyne Guillemot· 27 avril 2026 à 10:00
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De génération en génération, les livres de Laurence Pernoud rassurent et guident des millions de parents. En 2026, sa petite-fille Clémence Pernoud reprend le relais, avec la même exigence.

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Des livres devenus des repères familiaux

Certains ouvrages ne restent pas sur une étagère : ils vivent, s’annotent, se prêtent, s’offrent. « J’attends un enfant » et « J’élève un enfant » font partie de ces compagnons qui traversent les âges, au point de devenir des objets de transmission. À l’antenne, l’émotion affleure quand la journaliste raconte ce souvenir intime : « Mon papa arrive à la maternité… avec derrière son dos le livre de ta grand-mère, celui de mon époque de 1982. »

Ce lien affectif dit quelque chose de puissant : la parentalité se construit aussi avec des mots justes, posés au bon moment. Et quand les repères manquent, un livre peut faire office de main tendue.

Dans les années 50, une révolution douce et nécessaire

Quand le premier volume paraît, dans les années 50, le contexte est radicalement différent. « À l’époque, on ne lit pas de livres sur la grossesse, on ne parle pas librement de maternité », rappelle l’émission. Il n’existe pas de guide clair, accessible, pensé pour informer sans juger.

Journaliste de métier, Laurence Pernoud transforme un manque en initiative utile : chercher, vérifier, expliquer, rassurer. Clémence Pernoud résume l’élan originel avec simplicité : « Elle était face à un constat : il n’y avait rien, aucune information. J’imagine le vertige. » Une démarche pionnière, portée par une conviction : si une femme se pose ces questions, alors elles sont partagées par beaucoup d’autres.

Chaque année, Laurence Pernoud a voulu « mettre à jour » ses ouvrages pour suivre l’évolution de la société et des recherches : une exigence rare qui a fait leur longévité.

Clémence Pernoud : reprendre le flambeau avec pudeur et fidélité

En 2026, les livres entrent dans une nouvelle étape, portée par Clémence Pernoud, la petite-fille de l’autrice. Une relève qui n’a rien d’un simple héritage symbolique : c’est une continuité de travail, nourrie par l’intime. « Moi aussi, je suis devenue maman sans mes parents… ces livres ont été hyper présents pour moi, parce qu’ils étaient un peu là comme ma famille », confie-t-elle.

Derrière la transmission éditoriale, il y a une transmission d’attention aux autres. Clémence dit se sentir « très honorée » de poursuivre cette œuvre, et rappelle le sens profond de ces pages : offrir des repères fiables au milieu des doutes, sans masquer la réalité. Car, comme le glisse l’émission, « les failles, c’est quelque chose de normal. On a tous des failles » — et c’est aussi ce qui rend les parents humains.

Inclure, rassurer, relier : une vision toujours actuelle

Ce qui frappe, dans les souvenirs de Clémence, c’est l’énergie de sa grand-mère au travail. « Je la voyais travailler du matin au soir… ce qui l’animait, c’était de pouvoir soutenir les femmes », raconte-t-elle, décrivant un bureau rempli de papiers, un engagement total. Une force tranquille, presque disproportionnée à sa silhouette : « Elle était toute petite… mais quand elle ouvrait la bouche, tout le monde se taisait. »

Et surtout, une modernité étonnante : Laurence Pernoud notait déjà que « le père est le grand absent, il faut l’inclure ». Preuve que la parentalité, quand elle est pensée avec bienveillance et précision, avance plus vite que les habitudes.

À l’heure où l’information est partout, parfois trop, ces livres rappellent une idée simple : un repère de confiance peut apaiser, clarifier, et redonner de la force. Les rouvrir, les transmettre, ou les offrir, c’est prolonger une chaîne de soutien — et se rappeler que prendre soin de soi, c’est aussi apprendre à prendre soin des autres.