Depuis 40 ans, François-Xavier Delmas fait du thé un voyage… et un engagement. Avec 140 boutiques, Le Palais des Thés mise sur le bio, le lien humain et l’accompagnement des producteurs. Une réussite qui inspire.
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Une croissance “lente et solide”, à l’image du thé
Quarante ans d’aventure, 140 boutiques dont une centaine en France, et une présence à l’international : Palais des Thés s’est construit sans précipitation. Son fondateur, François-Xavier Delmas, revendique un développement patient, cohérent avec l’univers du thé. « Le thé, c’est quand même beaucoup associé à la lenteur », rappelle-t-il, convaincu que les belles maisons se bâtissent dans la durée. Une régularité qui a permis à l’entreprise de grandir sans perdre son cap.
Au fil du temps, le dirigeant a aussi fait évoluer son rôle. Il a choisi de se consacrer à sa passion : devenir “chercheur de thé”, partir rencontrer celles et ceux qui le cultivent, comprendre les terroirs, les gestes, les histoires. « Si je voulais passer du temps à aller chercher le thé… je ne pouvais pas m’occuper d’opérationnel en même temps », confie-t-il, saluant la relève en interne avec un directeur général « aux manettes ».
Le bio comme évidence, née du terrain et du lien humain
Avec 83 millions d’euros de chiffre d’affaires et 43% de ventes en thé bio, Palais des Thés affiche un positionnement clair. Mais pour François-Xavier Delmas, ce n’est pas une posture : c’est une conséquence logique du voyage au plus près des plantations. « Si vous rencontrez ces hommes et ces femmes qui font le thé… si on se connaît humainement, il y a un lien », explique-t-il. Ce lien change tout : il pousse à être plus vigilant sur les pratiques, sur la terre, sur la manière de produire.
Son attachement à la nature est ancien, presque intime, nourri par des étés d’enfance en Bretagne, dans un lieu sans eau courante où il fallait apprendre à économiser. « Pour moi, faire attention à la nature, c’est quelque chose d’essentiel », résume-t-il. Et lorsque l’entreprise grandit, l’exigence grandit aussi.
Une philanthropie concrète : mieux acheter, mieux accompagner
La dimension philanthropique de l’entreprise ne se limite pas à un chèque en fin d’année. François-Xavier Delmas défend une approche intégrée : agir “dès le départ”, dans la manière de travailler avec les producteurs. « Il faut essayer de bien se comporter dès le départ », insiste-t-il, sans donner de leçons, mais avec une conviction : une entreprise peut se sentir pleinement concernée par le monde dans lequel elle évolue.
Concrètement, Palais des Thés accompagne certains fermiers pour améliorer la manufacture et produire des thés plus beaux, donc mieux valorisés. « On sait aider des fermiers à faire des thés qui vont valoir plus cher et que nous, on va acheter plus cher », détaille-t-il. Un cercle vertueux assumé : « Nous, on va aussi les vendre plus cher, donc en fait, tout le monde est gagnant. » Une économie du respect, où la qualité devient un levier de progrès partagé.
Le thé, un “moment calme” qui rassemble toute une équipe
Au-delà du produit, Le Palais des Thés vend une expérience : celle d’un apaisement accessible. Quand on demande aux clients ce que le thé apporte au quotidien, « le mot qui revient le plus, c’est le mot “apaisement” ». Face à un monde saturé de sollicitations et de “zapping permanent”, la tasse devient une parenthèse. « Le thé… c’est un peu le moment calme des adultes », sourit François-Xavier Delmas.
Et cette culture du soin se transmet en interne : 550 salariés et de nombreux partenaires, notamment en franchise, portent les choix de la maison. « Ils sont extrêmement fiers des choix et du fait qu’on s’engage », souligne-t-il. Comme une infusion collective, où chaque geste, du sourcing à la boutique, raconte la même histoire : celle d’un plaisir simple, relié à des visages et à des terres.
Au fond, préparer du thé, c’est peut-être déjà un acte d’attention : « mettre en commun des feuilles et de l’eau » pour obtenir « une heureuse liqueur ». Et si l’on prolongeait ce moment calme au-delà de la tasse : en choisissant des marques qui respectent les producteurs, en privilégiant le bio quand c’est possible, ou simplement en prenant le temps… d’infuser un peu plus d’humanité dans nos habitudes.

