Face à un monde qui bouge vite, certains dirigeants choisissent de ralentir pour mieux décider. Avec Noveterra, Stéphane RIOT accompagne des entreprises vers plus d’agilité, de sens et d’intelligence humaine.
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Un écosystème pour préparer les entreprises au « monde qui vient »
Noveterra n’est pas un cabinet de conseil classique. Créé par Stéphane RIOT, auteur et conférencier, le dispositif se présente comme « un écosystème d’acteurs » rassemblant des profils très variés : sociologues, psychologues, consultants, artistes… Une diversité pensée comme une richesse, à l’heure où les organisations cherchent des repères dans un environnement instable. L’objectif est clair : aider les entreprises à se préparer à ce que Stéphane RIOT appelle « la nouvelle terre », autrement dit une société en transformation profonde, sur les plans politique, économique, social et environnemental.
Le constat de départ, lui, est partagé par beaucoup de dirigeants : le tempo s’est accéléré. Les crises s’enchaînent, les modèles d’affaires se réinventent, les métiers se redessinent. Dans ce contexte, Noveterra propose une approche qui combine réflexion, formation et expériences de terrain, pour développer des capacités d’adaptation concrètes. Car il ne s’agit plus seulement d’anticiper, mais d’apprendre à naviguer dans l’incertitude avec lucidité.
Stéphane RIOT le résume simplement : « C’est un moment de transformation et d’opportunités majeures ». Une phrase qui dit à la fois la difficulté de l’époque et la possibilité d’y répondre autrement, sans céder au pilotage automatique.
Personne n’est prêt… et c’est justement le point de départ
À la question de savoir si les entreprises sont prêtes, la réponse tombe sans détour. « Non, non, personne n’est prêt », affirme Stéphane. Non pas parce que les dirigeants seraient indifférents, mais parce que les repères habituels ne suffisent plus. Pendant longtemps, les organisations ont pu se projeter à cinq ans, bâtir des plans stratégiques, fixer des objectifs, dérouler une feuille de route. Aujourd’hui, beaucoup avancent « à vue », avec le sentiment que les échéances deviennent floues et les certitudes fragiles.
Ce changement de paradigme oblige à revoir la notion même de performance. L’enjeu n’est plus seulement d’optimiser, mais de rester vivant : savoir ajuster, apprendre, renoncer à certains réflexes, en inventer d’autres. L’agilité, souvent citée dans les discours managériaux, devient une compétence de survie organisationnelle. « C’est maintenant que les TP commencent », lance Stéphane RIOT, comme un rappel : l’agilité ne se décrète pas, elle se travaille.
Mais pour lui, ce travail commence par une étape rarement mise en avant dans l’entreprise : accepter la fin de certains fonctionnements. « La manière dont on fonctionnait jusqu’à présent est obsolète », explique-t-il, invitant à reconnaître ce qui se défait, ce qui se termine, ce qui doit être laissé derrière. Une approche qui s’apparente à une « courbe du deuil » appliquée aux organisations : reconnaître la finitude d’un modèle pour ouvrir la place à autre chose.
Réhabiliter des intelligences déjà là : émotion, intuition, corps… et sens
Dans un monde où l’intelligence artificielle prend une place croissante, Stéphane RIOT propose un déplacement intéressant : et si la priorité était aussi de réinvestir les intelligences humaines que l’on sous-utilise ? Il cite l’intelligence émotionnelle, l’intelligence intuitive, mais aussi des formes plus corporelles et sensorielles. Des capacités qui existent déjà, mais que l’entreprise a parfois reléguées au second plan au nom de la rationalité.
L’intuition, par exemple, n’est pas présentée comme un concept ésotérique, mais comme une ressource pratique. Elle surgit dans des moments inattendus, dans des espaces où le mental se relâche : sous la douche, en courant, en forêt, en méditation, au réveil, parfois même dans les rêves. Autrement dit, quand l’attention se déplace et que l’esprit cesse de vouloir tout contrôler, d’autres informations deviennent accessibles. « Créer un espace de vacuité » résume Stéphane RIOT.
Ce travail sur l’intuition s’accompagne d’un autre mouvement, de plus en plus présent depuis le Covid : la quête de sens. Pourquoi fait-on ce que l’on fait ? À quoi contribue-t-on ? Quel impact veut-on laisser ? Stéphane parle d’une « intelligence spirituelle », au sens non religieux du terme : une capacité à relier ses décisions à une direction intérieure, à une utilité plus large, à l’intérêt général. « À quoi je peux me mettre en service ? Et tant qu’à faire, au service de l’intérêt général », dit-il.
Cette approche ne remplace pas la stratégie. Elle la complète. Elle rappelle qu’un dirigeant ne pilote pas uniquement des chiffres, mais aussi des humains, des dynamiques collectives, des aspirations. Et que dans les périodes d’incertitude, un cap de sens peut devenir un avantage décisif.
Mettre le mental en vacances : la pause comme levier de leadership
Comment développer ces intelligences dans une équipe, une organisation, une culture d’entreprise ? La première étape, selon Stéphane RIOT, consiste à desserrer l’étau du mental analytique. « Il faut mettre le mental en vacances », explique-t-il, en rappelant combien notre culture valorise la réflexion rationnelle, l’anticipation, la décision rapide. Or, à force de sur-sollicitation, l’entreprise peut perdre sa capacité à sentir, à écouter, à laisser émerger.
Ce que Noveterra propose peut surprendre : créer des espaces où l’on ne produit pas, où l’on ne répond pas à des notifications, où l’on s’autorise à ne pas remplir chaque minute. Stéphane parle sans détour de ces moments où l’on peut « ne rien faire », pour retrouver une disponibilité intérieure. Dans un quotidien saturé de réunions et de visioconférences, cette vacuité devient une ressource. Elle permet de retrouver une liberté de penser, mais aussi une liberté d’être, déliée du rôle et du statut.
Pour illustrer cette démarche, Stéphane évoque une tradition japonaise : des empereurs qui quittaient leur temple pendant des semaines pour errer dans leur pays, se décharger de la fonction et revenir au contact des sens. L’idée n’est pas de fuir les responsabilités, mais de les assumer autrement, en retrouvant une clarté qui ne naît pas uniquement de l’analyse. « Ils étaient juste déchargés de tout et en contact avec tous leurs sens », raconte-t-il.
Concrètement, Noveterra organise des retraites et des expériences immersives : dans le désert, sur Compostelle, en Écosse. Des espaces « extraordinaires », où alternent mouvement, contemplation et introspection. Loin du bureau, le cerveau se mobilise autrement, l’attention se réoriente, et de nouveaux liens se créent entre pensée, sensation et décision.
Des transformations individuelles qui rejaillissent sur l’entreprise
Ce type d’accompagnement repose sur une conviction : la transformation d’une organisation passe aussi par la transformation de celles et ceux qui la dirigent. Et cela demande parfois du courage, car s’arrêter reste un tabou dans certains environnements professionnels. Prendre une pause peut être confondu avec de la faiblesse, alors qu’il s’agit souvent d’une compétence : celle de prendre de la hauteur.
Stéphane RIOT observe que les dirigeants qui acceptent de « se poser » et de « plonger en eux » développent une forme de lucidité nouvelle. Ils apprennent à repérer leurs automatismes, leurs tensions internes, leurs postures de gestion de crise. Dans la transcription, il évoque ces « parties de soi » qui cohabitent : celle qui se vit en pompier permanent, celle qui veut sauver, celle qui se sent en urgence. Mettre des mots sur ces mécanismes, c’est déjà desserrer la pression, et retrouver une marge de manœuvre.
L’enjeu dépasse le bien-être individuel. Un dirigeant plus aligné et plus disponible influence la culture managériale : il autorise davantage l’écoute, la coopération, le droit à l’expérimentation. Il rend plus facile l’adaptation continue, car il n’impose pas une rigidité de façade. Et il peut aussi mieux embarquer ses équipes, en reliant les objectifs à une intention plus large.
Dans une époque où beaucoup d’entreprises cherchent comment concilier performance, impact et engagement, cette approche ouvre une voie : celle d’un leadership plus humain, plus conscient, et donc plus robuste. La transformation n’est pas seulement technologique ou organisationnelle ; elle devient aussi intérieure, et c’est peut-être là qu’elle gagne en profondeur.
Le monde du travail continue de se réinventer, et les crises obligent à accélérer certains changements. Mais au milieu de ce mouvement, des initiatives comme Noveterra rappellent une idée simple : pour avancer durablement, il faut parfois commencer par ralentir, écouter, et redonner de la place à ce qui fait l’intelligence humaine.

