Mode inclusive : « Ouais et alors ? », changer le regard par le vêtement

Jeanne Metivier· 1 mai 2026 à 06:00
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À Rouen, une maman transforme les jugements en fierté à porter. Avec « Ouais et alors ? », Laetitia Henry fait de la mode un outil d’inclusion, pour tous les âges et toutes les différences.

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Il suffit parfois de trois mots pour reprendre sa place. « Ouais et alors ? » : une réplique courte, directe, et surtout libératrice, devenue le nom d’une marque de mode inclusive créée par Laetitia Henry. Invitée dans Le cœur de Jeanne sur AirZen Radio, elle raconte comment cette idée est née d’un besoin très concret : alléger le quotidien de celles et ceux que l’on dévisage, commente ou juge.

Laetitia Henry est maman de deux enfants, Elias et Raphaël. Tous deux vivent avec un handicap, visible ou invisible : Raphaël a une trisomie 21, Elias présente des troubles du spectre autistique. Et avec cette réalité, un compagnon de route s’impose souvent sans prévenir : le regard des autres. « Le regard des gens, j’en avais parfois assez », confie-t-elle.

La marque est donc née d’un double mouvement : offrir un message de soutien à ceux qui le subissent, et inviter les autres à réfléchir. « J’avais envie de permettre aux gens qui sont regardés ou jugés de pouvoir manifester le droit de vivre comme les autres », explique Laetitia. Une manière de dire stop, sans agressivité, et d’ouvrir un espace où chacun peut respirer.

Quand une maman devient actrice de l’inclusion

Laetitia Henry ne s’est pas contentée de transformer une colère en slogan. Elle a construit un projet, et elle l’a fait durer : « Ouais et alors ? » existe depuis cinq ans. Son engagement se déploie sur plusieurs terrains. Elle est vice-présidente de l’association Trisomie 21 Normandie et cofondatrice d’un restaurant inclusif à Rouen. Autrement dit, elle agit autant dans l’économie du quotidien que dans le monde associatif. Cette cohérence donne à sa marque une force particulière : elle ne vend pas seulement des vêtements, elle prolonge une vision de société.

La question revient souvent dès qu’on parle d’inclusion : est-ce réservé aux personnes en situation de handicap ? Laetitia Henry répond sans hésiter, et sa réponse dit beaucoup de sa démarche. « Je n’ai pas du tout voulu qu’elle soit dans une case », affirme-t-elle. La marque revendique une idée simple : chacun porte une différence, visible ou non, et chacun peut se reconnaître dans ce message.

Dans l’univers de la mode, où l’image et les normes pèsent lourd, cette approche compte. Laetitia le dit avec lucidité : la mode influence la société. Si une petite marque peut faire bouger les lignes, inspirer d’autres créateurs, et normaliser davantage de diversité, alors l’effet dépasse largement le textile. Et c’est précisément ce que cherche « Ouais et alors ? » : remettre l’humain au centre, sans étiquette.

Des bodies aux adultes : l’inclusion dès le plus jeune âge

L’inclusion ne commence pas à l’adolescence, ni à l’âge adulte : elle se construit dès l’enfance, dans les mots, les gestes, et aussi dans ce qu’on porte. Sur ce point, la marque se veut accessible à tous les âges. Laetitia précise que la gamme démarre très tôt : dès 2 ans, avec l’arrivée de petits bodies, et se poursuit « jusqu’à pas d’âge ».

Ce choix est loin d’être anecdotique. Il permet aux familles de trouver des pièces qui parlent à leur réalité, mais aussi à n’importe quel parent désireux de transmettre une culture de la bienveillance. Ce qui rend cette initiative particulièrement AirZen, c’est sa manière d’agir sans pointer du doigt. La marque ne cherche pas à culpabiliser ceux qui regardent, mais à leur faire prendre conscience. Elle propose une alternative : remplacer le jugement par la curiosité, la gêne par le respect, la distance par la rencontre.

#Mieux agir