Les étapes de l’amour selon Jeanne Métivier : oser et être soi-même

Jeanne Metivier· 25 mai 2026 à 08:00
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L’amour ne tombe pas toujours du ciel : il se prépare, pas à pas. Moi, Jeanne Métivier, je vous partage mon mode d’emploi pour oser la rencontre, dépasser les freins et rester vous-même.

À écouter

1) Repérer ses freins… sans se réduire à eux

Je commence par là, parce que c’est concret : qu’est-ce qui me bloque quand je veux aller vers l’autre ? Pour moi, le frein principal, c’est le handicap, surtout quand il se voit physiquement. Je le sens : parfois, ça empêche des gens de venir me parler, même quand il y a un peu de curiosité. Le premier geste, c’est donc de nommer ce frein, calmement, pour ne pas le laisser décider à ma place.

Mais je refuse de me résumer à ça. Mon objectif, c’est d’être vue en tant que moi-même, pas comme « une personne en situation de handicap » avant tout. Et ça, ça se construit dans le temps, au fil des échanges, quand la relation devient naturelle.

2) Sortir de la théorie : choisir un lieu qui me ressemble

Deuxième étape de mon mode d’emploi : je vais là où je peux être à l’aise. Les rencontres ne se déclenchent pas uniquement dans les bars, en boîte ou sur des applis. Elles naissent aussi dans des activités où je me sens vivante, active, à ma place. Moi, ça a été la capoeira, et ça a tout changé.

Dans ce cadre, je rencontre des gens « en mouvement », des personnes qui me voient agir, apprendre, rire, progresser. Le prof m’a beaucoup aidée, et le groupe m’a accueillie simplement. Résultat : ce ne sont pas juste des connaissances, ce sont devenus des amis. Et le plus important, c’est que la relation se fait sans étiquette : on se parle naturellement, et je ne suis pas regardée comme une exception.

3) Provoquer la rencontre : le hasard ne suffit pas

Troisième étape : je n’attends pas que ça arrive tout seul. Je l’ai compris : le hasard, ça ne suffit pas. Pour faire une rencontre, il faut la déclencher, créer des occasions, se donner une chance réelle. Ça veut dire sortir, accepter une invitation, dire oui à un anniversaire, un événement, une soirée, même si je ne connais pas tout le monde.

Je repense à cette fête d’anniversaire sur un bateau. Il y avait du monde, une ambiance joyeuse, et là… j’ai flashé. Alors j’ai fait un choix très simple, mais très courageux : j’ai demandé un numéro. La personne était d’accord, elle me l’a donné, et j’ai réalisé un truc essentiel : oser, ce n’est pas être sûr que ça marche. Oser, c’est accepter l’incertitude.

Et oui, je le dis franchement : on peut « prendre un vent ». Ça pique un peu l’ego, mais ce n’est pas grave. « On peut avoir peur, prendre un vent, mais ce n’est pas très grave. Il faut y aller quand même ». La vie continue, et surtout, on se respecte.

4) Mettre le respect au centre : consentement, simplicité, questions

Quatrième étape, non négociable : le respect. Oser, oui, mais oser proprement. Le consentement, c’est la base : demander, écouter la réponse, accepter un non sans insister. Quand je parle d’amour, je parle aussi de sécurité émotionnelle. Une rencontre réussie, ce n’est pas une victoire : c’est un échange.

Ensuite, pour faire connaissance, je privilégie les bonnes questions, celles qui ouvrent une porte au lieu de coller une étiquette. Moi, j’adore demander : « C’est quoi le dernier livre que tu as lu ? » Parce que ça raconte une personne sans l’interroger comme dans un entretien.

Et parfois, la rencontre prend une tournure inattendue. Dans cette fameuse fête, la personne m’a demandé ce que j’aimais. J’ai répondu la capoeira… et on m’a proposé de faire une petite démonstration. Je l’ai faite, devant elle et sa famille. C’était simple, vivant, et ça disait tout : je peux être moi, pleinement.

5) Garder le cap : multiplier les occasions, sans se mettre la pression

Dernière étape : je ne transforme pas la rencontre en obligation de résultat. Je peux avoir envie d’aimer, sans être « en phase » tout de suite pour être avec quelqu’un. Je peux avancer à mon rythme. L’important, c’est de continuer à créer des occasions : un verre, un cinéma, un théâtre, une activité, une soirée… pas pour « trouver à tout prix », mais pour laisser une place à l’imprévu.

Mon mode d’emploi tient en peu de mots : je repère mes freins, je choisis des lieux qui me ressemblent, je provoque des opportunités, j’ose demander, je respecte toujours, et je reste moi.

#Mieux être
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