Dans les couloirs de Necker, Jeanne Métivier croise un comédien pas comme les autres. Avec Jérémy Berthoud, le théâtre devient un vrai souffle d’espoir pour les enfants.
À écouter
À l’hôpital Necker, il existe un lieu qui porte bien son nom : l’espace plein ciel. Un endroit pensé pour les animations et la détente des enfants hospitalisés, loin des examens et des machines. C’est là que je me rends régulièrement pour tourner des reportages .
Dans ce décor, la radio devient un prétexte merveilleux pour rencontrer, raconter, et surtout créer du lien. On parle vrai, on sourit, on se surprend. Et, parfois, une interview suffit à ouvrir une porte intérieure.
Jérémy Berthoud : la scène comme terrain d’apprentissage de la vie
Face à moi, Jérémy Berthoud se présente avec humilité : comédien et professeur de théâtre, il a commencé très jeune, « quand j’avais 12-13 ans », à l’école, grâce aux spectacles de fin d’année. Depuis, il a traversé des univers exigeants, de Dostoïevski à Tchekhov, et beaucoup de Molière. Un parcours nourri de textes forts, mais aussi d’une envie constante de transmettre.
Aujourd’hui, il enseigne « principalement à la Comédie-Française » et prépare un dossier pour intégrer une formation officielle afin d’enseigner en conservatoire. Il monte aussi un projet ambitieux autour du procès des sorcières de Salem, avec « une quinzaine de personnes sur scène ». Et il le dit sans détour : derrière les projecteurs, il y a beaucoup de travail invisible, « énormément de choses à voir à côté ».
Quand “faire semblant” aide à grandir pour de vrai
Ce que Jérémy raconte résonne particulièrement dans un hôpital : sur scène, on traverse des émotions, on ose, on se découvre. « Quand on est sur scène, on vit des choses qu’on ne vivrait pas forcément dans la vraie vie », explique-t-il. Comme une répétition générale de la vie, mais en douceur, avec le droit à l’erreur.
Il décrit cet aller-retour entre la scène et le quotidien : « J’ai grandi dans ma vie grâce au théâtre. » En jouant, on élargit “les zones de soi” qu’on connaît, on apprivoise la peur, la joie, la colère, la fierté. Dans un contexte d’hospitalisation, cette idée est précieuse : elle rappelle que l’enfant n’est pas réduit à sa maladie, et qu’il peut continuer à se construire, à rêver, à se projeter.
Le conseil qui donne de l’élan : persévérer et garder le sens
Quel conseil pour un enfant qui voudrait devenir comédien ? Jérémy répond avec deux boussoles très simples. D’abord, l’envie et le travail : « Il faut être régulier et persévérant », parce que c’est un métier qui fait rêver et qui demande de l’endurance.
Ensuite, il invite à se poser une question essentielle, valable bien au-delà du théâtre : « Pourquoi je le fais ? Qu’est-ce qui m’anime là-dedans ? » Parce que quand ça devient difficile, c’est le sens qui aide à tenir. « Quand l’étoile paraît très loin, il faut quand même savoir pourquoi on veut y aller », glisse-t-il. Une phrase qui sonne comme une petite lampe de poche, utile à tous les âges.

