Labeyrie Fine Foods mise sur les moments de plaisir et l’esprit d’équipe.

Gilles ANDRE· 11 avril 2026 à 08:14
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De Saint-Georges-de-Marrins à 60 pays, Labeyrie Fine Foods fait rayonner la gastronomie française. Son PDG Jacques Trottier mise sur un cap clair, l’écoute du terrain et la bienveillance.

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Labeyrie

Une aventure née dans un village, portée par 3 000 talents

Dans le sud des Landes, l’histoire de Labeyrie ressemble à une success story discrète et solide. « Mon bureau est toujours dans le village de Saint-Georges-de-Marrins », raconte Jacques Trottier, PDG du groupe, entré dans l’entreprise il y a 23 ans. Fondée il y a 80 ans, l’ancienne micro-entreprise est devenue une ETI (Entreprise de Taille Intermédiaire) qui pèse aujourd’hui près de 900 millions d’euros de chiffre d’affaires. Et en haute saison, la famille s’agrandit : de 3 000 collaborateurs, elle monte à 4 500.

Au-delà des chiffres, une fierté fédère les équipes : permettre aux consommateurs, en France comme à l’international (les marques sont distribuées dans 60 pays), de « goûter à la gastronomie française ». Une mission simple, concrète, et profondément rassembleuse.

Des marques qui accompagnent les “moments qui comptent”

Le groupe s’appuie sur un portefeuille très diversifié : Labeyrie bien sûr (foie gras, saumon fumé, truite fumée), et aussi entre autres Blini et Atelier Blini (tartinables ), Delpierre (traiteur marin), ou encore Père Olive (houmous). Cette variété, Jacques Trottier la revendique comme une singularité : « Souvent, nos concurrents sont mono-catégorie… nous, on ne vend pas des produits, on vend des moments de plaisir. »

Un positionnement qui colle aux nouvelles habitudes alimentaires. Le repas traditionnel se transforme, l’apéro dînatoire et le brunch gagnent du terrain, et même des produits “classiques” changent de rôle. « Le saumon fumé, le foie gras étaient auparavant seulement de l’entrée gourmande. Maintenant, ils s’invitent dans les apéros », observe le dirigeant.

Une croissance qui s’accélère… sans perdre le sens

Labeyrie Fine Foods s’est développée par acquisitions au fil des vingt dernières années, avant de miser davantage sur la croissance organique. Pour Jacques Trottier, l’élan est là, porté par une tendance de fond : la recherche assumée de plaisir dans l’alimentation. « On a la chance d’être sur des activités qui sont des produits plaisirs ».

Et l’horizon reste ouvert. Le groupe, explique-t-il, pourrait demain s’aventurer au-delà des produits de la mer ou du terroir, sans trahir son ADN : accompagner les instants de partage. « Il n’y a pas de frontières sur nos territoires », affirme-t-il, comme une invitation à innover sans se renier.

Le management par le terrain : “petits déjs” et confiance

Pour embarquer 3 000 personnes, pas de recette magique, mais une méthode exigeante : donner une direction lisible et créer les conditions d’un travail serein. « Les équipes s’embarquent lorsqu’elles ont l’impression d’avoir une claire vision de là où on veut aller », insiste Jacques Trottier. Le cap, c’est son rôle de l’impulser, avec le comité exécutif, puis de le relayer via un management de proximité.

Le dirigeant mise aussi sur l’écoute directe. Il se déplace sur les 12 sites européens et prend le temps de rencontrer, sur la base du volontariat, des collaborateurs “du terrain” autour d’un petit-déjeuner ou d’un déjeuner. « On discute de choses informelles… et j’arrive à sentir des petits signaux faibles », confie-t-il. Les questions sont simples et puissantes : « Si vous étiez à la tête de la boîte, qu’est-ce que vous changeriez à votre quotidien ? Qu’est-ce que vous trouvez bien déjà ? »

Ce qui ressort souvent le surprend dans le bon sens. « Souvent, j’ai des collaborateurs qui me disent : on est bien ici parce qu’on est bien en équipe… on se sent respecté », rapporte-t-il. Et quand des “irritants” apparaissent — vestiaires, machines, organisation — l’objectif est clair : ajuster, améliorer, et maintenir ce climat de confiance que les jeunes générations attendent et sanctionnent si on le néglige.

À l’heure où beaucoup d’entreprises cherchent la bonne formule, Labeyrie Fine Foods rappelle une évidence lumineuse : quand le plaisir se partage et que la parole circule, la performance devient plus humaine. Et si, nous aussi, on commençait par poser cette question autour de nous : « Qu’est-ce qu’on peut améliorer, dès demain, pour mieux travailler ensemble ? »

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