La retraite se prépare aussi : un roman qui donne des idées

Olivier MONTEGUT· 1 avril 2026 à 09:05
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Et si la retraite devenait une nouvelle aventure à construire, plutôt qu’un saut dans le vide ? Dans « le pot de départ », Julien Aime transforme un séminaire de préparation en comédie tendre… et utile.

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Jean-Michel s’apprête à quitter la vie active, mais l’idée de la retraite l’angoisse : « il ne sait pas ce qu’il va faire ». Dans le roman « Le pot de départ » (éditions Mazarine), Julien Aime raconte ce moment charnière avec humour, sans jamais minimiser ce qu’il remue. Car derrière les blagues et les situations savoureuses, une question traverse tout : comment réussir cette « seconde vie » quand « il nous reste 15-20 ans en bonne santé devant nous » ?

Pour éviter que le grand saut ne se transforme en grand flou, Sylvie, la femme de Jean-Michel, le pousse à tenter une expérience encore trop méconnue : un séminaire de préparation à la retraite. Trois jours à deux, entourés d’autres futurs retraités, pour mettre des mots sur les envies, les peurs et les projets. Une fiction, oui, mais solidement ancrée dans le réel.

Des stages qui existent vraiment… et qui changent tout

L’idée du livre vient d’une scène de vie : « c’est inspiré d’une histoire vraie, l’histoire de mes parents », confie Julien Aime. Quand il apprend qu’ils ont suivi un stage, il rit d’abord : « pourquoi vous avez besoin de faire un stage pour vous préparer à ne rien faire ? ». Puis il découvre le programme, et son regard bascule.

Ces stages abordent des sujets très concrets : nutrition, condition physique, patrimoine, mais aussi la relation au couple et à la famille. « Qu’est-ce qu’on a à se dire une fois qu’on est à la retraite ? », interroge l’auteur, évoquant ces soirées où, sans le rythme du travail, il faut réinventer le quotidien à deux. Et parfois, prendre des décisions structurantes : rester vivre au même endroit, déménager, se rapprocher des proches, changer d’air.

Couple, santé, liens familiaux : parler de tout, sans tabou

Le roman met en lumière une réalité souvent silencieuse : la retraite peut fragiliser. Julien Aime rappelle que certains « sombrent un peu dans la dépression », perdent leurs repères, grignotent devant la télévision, ou laissent la routine s’installer. D’où l’intérêt d’ouvrir ces sujets tôt, avec bienveillance, et de se donner des outils pour garder une dynamique.

Autre thème central : la place auprès des enfants et des petits-enfants. « Comment on se positionne ? » Sans s’imposer, sans s’effacer non plus, en trouvant un équilibre qui respecte chacun. Le livre montre que ces discussions, parfois délicates, peuvent devenir des opportunités de se rapprocher, de clarifier les attentes et de retrouver une forme de liberté.

Réinventer son temps : bénévolat, sport, passion… et joie partagée

La retraite, c’est aussi un champ des possibles. « Est-ce qu’on se lance dans le bénévolat, dans des associations ? », « est-ce qu’on se met à fond dans un sport ? », « est-ce qu’on se lance dans une troupe de théâtre ? » : le roman déroule des pistes, et surtout une idée simple — on ne “remplit” pas son temps, on le choisit.

Julien Aime a nourri son récit de témoignages et de documentation : « je me suis beaucoup documenté, j’ai posé des questions autour de moi ». Résultat : une galerie de personnages dans lesquels chacun peut se reconnaître — une infirmière, une prof, un charcutier, un banquier, des Parisiens, des Provençaus, et même « quelqu’un qui vient du Mans et qui était champion de rock en 1981 de la Sarthe ». Autant de parcours, autant de façons d’imaginer la suite.

Car l’enjeu est là : ne pas attendre « la dernière semaine » pour découvrir des envies opposées — « moi j’aimerais partir en Bretagne », « ah non, moi je préfère la Côte d’Azur » — et transformer une transition en conflit. Le livre invite au contraire à se parler, à tester, à oser, pour que le pot de départ devienne un vrai point de départ.

À travers « le pot de départ », Julien Aime offre une idée lumineuse : la retraite n’est pas une fin, c’est une création. Et si, dès aujourd’hui, chacun prenait le temps de se demander ce qui le rend vivant — puis d’en faire un projet concret, à son rythme ?

#Mieux être