Dans le 13ème arrondissement de Paris, la pôle dance se révèle bien plus qu’un art de scène. Avec Laurence Hilsum, pionnière française, on découvre un sport complet qui transforme la force… et le regard sur soi.
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Dans un studio du 13ème à Paris, la barre devient un terrain de progrès
La séance commence loin des clichés : trente bonnes minutes d’échauffement, pour préparer chaque muscle et éviter les blessures. Étirements, mobilité, abdos… le corps chauffe, le souffle s’accélère, la concentration s’installe. « Comme t’es pas encore mort, on fait les abdos », lance Laurence Hilsum, sourire en coin, dans une ambiance à la fois exigeante et bienveillante. Avant même de toucher la barre, on comprend : la pôle dance, c’est du sérieux.
Puis vient le moment de se lancer. Appréhension de glisser, peur de tomber, hésitation à “se laisser aller”… tout se joue aussi dans la tête. Laurence guide, corrige, encourage : « Tire, pouce, tire… serre les genoux ». Et quand ça coince, elle rassure : « En général, le premier cours, c’est comme ça. » Ici, on progresse figure après figure, sans jugement, avec la fierté de tenter.
Laurence Hilsum, pionnière et championne, au service d’un sport pour tous
À 46 ans, Laurence Hilsum dirige Pôle & Dance et fait partie des grandes figures de la discipline en France. Elle se souvient des débuts, quand tout restait à inventer : « J’ai commencé à être la première championne en France… en 2008. » À l’époque, la compétition s’appelle encore Miss Pôle Dance France, inspirée du modèle australien. Dès 2009, les championnats de France prennent place « dans un vrai théâtre », et Laurence s’impose, avant de briller à l’international.
Son parcours est aussi celui d’une passion de la danse. Prof de jazz depuis ses 20 ans, elle découvre la pôle dance au moment où s’ouvre la première école en France. Très vite, elle façonne sa signature : un mélange d’artistique et d’acrobatique. « J’ai essayé de mêler les deux… c’est ce qui m’a fait gagner les compétitions internationales », explique-t-elle. Une approche qui a contribué à faire évoluer l’image et les standards du sport.
Casser les clichés : “un million de façons” de pratiquer
Longtemps, la pôle dance a traîné des étiquettes réductrices. Laurence le dit sans détour : « Au début, j’étais un peu honteuse… les gens m’imaginaient comme une stripteaseuse. » Pourtant, la discipline se pratique aujourd’hui sous des formes multiples : sportive, artistique, chorégraphique, voire inspirée d’autres danses. « On peut faire de la pôle dance d’un million de façons », insiste-t-elle, évoquant des mélanges possibles avec la salsa, le flow, la gymnastique.
Dans son école, certains cours explorent aussi la dimension plus sensuelle — talons, tenues, style — mais sans obligation ni modèle unique. L’enjeu, pour Laurence, reste l’ouverture : permettre à chacun de trouver sa voie, sans préjugés. Et surtout, rendre la pratique accessible à tous les publics : femmes, hommes, personnes non binaires, débutants comme confirmés.
Un sport qui muscle aussi l’estime de soi
Ce qui frappe, au-delà de l’effort, c’est l’impact sur la confiance. Se voir dans le miroir, être en short, accepter ses “défauts” : le premier pas est souvent le plus délicat. Mais la progression arrive vite, et avec elle une surprise : « Les élèves se disent “moi, je ne suis pas capable”… et finalement, ils y arrivent », raconte Laurence. Résultat : une fierté immédiate, une sensation de victoire très concrète.
À mesure que le corps se renforce, le regard change. On ne vient plus seulement “essayer un sport”, on vient se prouver quelque chose, sculpter sa force, apprivoiser sa peur. Et si la meilleure manière de comprendre restait la plus simple ? Comme le rappelle Laurence, le déclic naît souvent de l’expérience. Alors, pourquoi ne pas pousser la porte d’un cours débutant, juste pour voir jusqu’où vous pouvez aller ?
Pour aller plus loin > Rémi Robardet, champion de France de pôle dance sportive

