L’hiver, une saison pour se chouchouter et retrouver le moral

Jerome Pasanau· 14 janvier 2026 à 08:00
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Quand le froid s’installe et que la lumière se fait rare, le moral peut vaciller. À Créteil, la psychologue Caroline Bonnet partage des clés simples pour traverser l’hiver avec douceur… et même en faire un allié.

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Pourquoi l’hiver pèse sur le moral

« La baisse de lumière » arrive en tête des explications, rappelle Caroline Bonnet, docteure en psychologie. Notre corps dépense davantage d’énergie, le sommeil se dérègle, la fatigue s’accumule, et la motivation peut flancher. À cela s’ajoute un facteur plus symbolique : « les fêtes de fin d’année, c’est la fin de quelque chose », un moment qui remue parfois les liens familiaux et les émotions.

La bonne nouvelle, c’est que ce passage à vide est fréquent. « Tout le monde… et c’est normal », insiste la psychologue. Autrement dit : ressentir une baisse de régime en hiver ne signifie pas que “quelque chose ne va pas” chez vous, mais souvent que votre organisme s’adapte à la saison.

Point clé : la fatigue, le manque de motivation et les petits coups de froid répétés peuvent être des signaux saisonniers. Les repérer, c’est déjà reprendre la main.

Repérer les signes… sans s’alarmer

Le corps parle, et l’hiver le fait parler plus fort : « on tombe en général plus souvent malade », note Caroline Bonnet. Certaines personnes enchaînent les rhumes, d’autres ressentent une lassitude persistante, une difficulté à se lever, ou une baisse d’entrain au travail. Le moral, lui aussi, peut se teinter de gris, avec l’impression de fonctionner « en mode survie » en attendant le printemps.

Pour la psychologue, la première étape consiste à se déculpabiliser : « relativiser, en être conscience ». Mettre des mots sur ce que l’on traverse permet déjà de desserrer l’étau et d’éviter de s’isoler dans l’idée que l’on serait seul à ressentir cela.

Des gestes simples pour retrouver de l’énergie

Paradoxalement, quand on se sent raplapla, le plus dur est souvent… de sortir. Caroline Bonnet conseille de viser petit mais régulier : « sortir, se bouger », quitte à réduire la durée. Une marche courte, une course rapide le matin, ou quelques minutes dehors dès qu’un rayon apparaît : l’important est d’aller « chercher la lumière ».

Et si le soleil se fait désirer, on peut aussi agir à l’intérieur. La psychologue partage une astuce testée chez elle : adopter des « lumières blanches », qui rendent l’espace plus lumineux et peuvent améliorer le confort au quotidien, y compris au travail. Certaines personnes se tournent aussi vers la luminothérapie, et une cure de vitamine D peut être envisagée sur avis médical.

Autre levier puissant : le cocooning assumé. « Se faire plaisir, se chouchouter », dormir un peu plus, ralentir sans se juger. Oui, l’hiver rime parfois avec raclette et tartiflette… et l’idée n’est pas de s’interdire, mais d’équilibrer : penser aussi aux oméga 3, aux antioxydants, à une alimentation qui soutient l’énergie.

Blue Monday : transformer une “journée grise” en défi positif

Le fameux Blue Monday, présenté comme “la journée la plus déprimante de l’année”, tombe cette année le 19 janvier. Caroline Bonnet propose de le prendre avec « légèreté et humour » et de casser la croyance en se donnant un cap joyeux : « trois défis dans la journée ». Trois actions simples et positives, choisies pour le plaisir : aller au cinéma, regarder un film qui fait voyager, s’offrir un moment “fun”.

Le soir, l’objectif est de pouvoir se dire : « j’ai réussi ça ». Une manière de reprendre confiance, de remettre du mouvement dans la journée, et de se prouver que l’on peut influencer son humeur, même quand la météo fait grise mine.

Au-delà de l’hiver, Caroline Bonnet laisse une boussole précieuse : « être sa priorité ». Chaque jour, se poser une question toute simple — « de quoi j’ai envie aujourd’hui ? » — et s’accorder, “dans la limite du raisonnable”, un geste qui fait du bien. Parce que parfois, le retour de la lumière commence par une décision intime : prendre soin de soi, dès maintenant.

Pour aller plus loin > Dépression saisonnière : comment en faire une opportunité pour se recentrer ?