Un delta enfoui Mars Jezero bouleverse l’histoire de l’eau : Perseverance révèle un passé plus humide et relance la quête de traces de vie sur la planète rouge.
Sous le bord de Jezero, Perseverance trouve un delta enfoui plus ancien et bouscule la chronologie de l’eau
Science Advances publie cette étude fondée sur le radar RIMFAX embarqué sous le rover. Sur 6,1 kilomètres parcourus, l’instrument a repéré un delta enfoui. Il a aussi vu des surfaces érodées sous les reliefs visibles aujourd’hui dans Jezero.
Ce signal change surtout la chronologie. Les couches enterrées remonteraient à 4,2 milliards d’années au plus tôt. Elles seraient donc plus anciennes que le delta occidental observé en surface, daté entre 3,7 et 3,5 milliards d’années.
Avec RIMFAX sous le châssis, le rover lit 35 mètres de terrain et transforme le sous-sol en archive lisible
RIMFAX agit comme un géoradar mobile. Il envoie des ondes radar dans le sol, puis mesure leur retour. Comme les matériaux freinent différemment ces signaux, les chercheurs reconstituent des couches et des ruptures. Ils dessinent ainsi une coupe du terrain.
Ce radar n’est pas un gadget. C’est le premier appareil de ce type utilisé à la surface de Mars. NASA indique une mesure tous les dix centimètres. Dans cette campagne, Perseverance a atteint 35 mètres de profondeur utile.
En 2022, le rover avait déjà confirmé des sédiments lacustres. Cette fois, les profils montrent aussi des géométries plus complexes. Les chercheurs décrivent des dépôts fluvio-deltaïques, des chenaux fossiles et des couches inclinées, invisibles depuis l’orbite.
Ces couches racontent une histoire plus vieille que le delta visible, au tout début du Noachien martien
Les formes détectées ne pointent pas vers un simple épisode isolé. Elles évoquent un système fluvial ancien, avec des méandres possibles, un cône alluvial ou un réseau en tresses. Autrement dit, l’eau a modelé la marge de Jezero très tôt.
Le point décisif tient dans l’ordre des événements. Ces structures seraient apparues avant le delta visible à l’ouest du cratère. Elles renvoient au début du Noachien, une époque martienne comprise entre 4,2 et 3,7 milliards d’années.
Pourquoi cette découverte élargit la fenêtre habitable de Jezero et relance la quête de traces de vie
Cette lecture du sous-sol compte bien au-delà de la géologie. Sur Terre, les deltas concentrent des sédiments fins et piègent des traces chimiques. Sur Mars, un tel contexte peut favoriser la conservation de biosignatures possibles dans des couches protégées.
Ensuite, la découverte élargit la durée du scénario humide à Jezero. L’eau n’aurait pas seulement façonné le delta le plus célèbre. Elle aurait circulé plus tôt, peut-être plus longtemps, ce qui ouvre une fenêtre habitable prolongée dans la région.
Enfin, ces résultats guident la suite de la mission. Ils aident les équipes à replacer les échantillons martiens dans une histoire plus longue. Cela ne prouve pas une ancienne vie. En revanche, cela cible mieux les endroits où la chercher.

