Jeanne Métivier : "ma nouvelle notoriété est une responsabilité"

Jeanne Metivier· 19 juin 2026 à 08:00
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Je découvre la notoriété comme une belle surprise : elle me permet de témoigner, de parler du handicap et de créer du lien. Mais pour rester positive, je garde une règle : le respect de la vie privée.

À écouter

Je m’appelle Jeanne Métivier et, ces derniers temps, je suis devenue plus visible grâce à Instagram et à mon podcast « Le cœur de Jeanne » sur AirZen Radio. Il y a aussi eu des mises en avant dans des émissions et des reportages, notamment autour des coulisses de la radio. Forcément, ça change des choses : quand on me voit, on me contacte davantage. Et je le vis plutôt bien, parce que cette reconnaissance me fait plaisir !

Je sais aussi pourquoi ça intrigue : être journaliste et trisomique, c’est encore rare. Alors, quand on s’intéresse à mon parcours, je me dis que ça peut ouvrir des portes à d’autres. Et surtout, ça permet de parler autrement du handicap, avec du concret, du quotidien, des émotions vraies. « Être reconnue, ça me fait vraiment plaisir » : je le dis simplement, parce que c’est sincère.

Des rencontres qui font du bien

La notoriété m’a offert une expérience incroyable : partir au Québec pour enregistrer une émission sur la route avec Matt Pokora. J’ai rencontré une star, oui, mais surtout une personne accessible, gentille et humaine. Ce genre de moment me rappelle qu’on peut être connu et rester simple.

J’ai une anecdote que j’adore : au Québec, on a croisé un groupe de Français qui l’ont reconnu. Matt a pris le temps de discuter avec eux et de faire une photo. C’était naturel, sans distance, sans mépris. Et moi, ça m’a fait du bien de voir une notoriété vécue comme un échange, pas comme un mur.

Dans la rue, des mots qui encouragent

Moi aussi, ça m’arrive d’être reconnue. Des gens m’interpellent dans la rue, me demandent ce que je fais, comment je vis, comment je me sens. La plupart du temps, c’est très agréable : je rencontre des personnes sympas, curieuses, respectueuses. Et parfois, on me dit des phrases qui me donnent de l’énergie pour continuer.

On me dit par exemple : « On vous félicite pour l’émission, on a adoré, on a appris plein de choses sur le handicap ». Là, je me dis que ça vaut le coup. Parce que mon objectif, ce n’est pas d’être connue pour être connue. C’est d’utiliser cette visibilité pour transmettre, expliquer, rassurer, et montrer qu’on peut tous trouver sa place.

Le respect, ma règle numéro 1

Je le dis franchement : la notoriété, c’est positif, mais il faut respecter la vie privée. J’aime discuter, faire des photos, répondre aux messages, tant que ça reste dans un cadre normal. En revanche, si quelqu’un venait chez moi, sonnait à l’entrée et disait qu’il veut me voir, là, ce serait trop. Ce n’est pas parce qu’on est visible qu’on appartient aux autres.

J’ai connu des histoires d’artistes harcelés, au point de partir à l’étranger pour retrouver un peu de tranquillité. Ça montre bien que la limite peut être vite dépassée. Alors, pour moi, « le respect, c’est le top 1 ». C’est simple : on peut s’admirer, se soutenir, se parler… sans envahir.

Transformer la notoriété en message positif

Si je garde le meilleur de tout ça, c’est que ma notoriété me sert à passer des messages. Le principal, c’est celui-ci : « On est tous différents ». Et cette différence, elle n’empêche pas de travailler, de créer, de voyager, d’aimer, de rencontrer, de rêver. Au contraire, elle peut devenir une force.

Je veux continuer à faire entendre ma voix, à raconter mon quotidien, et à montrer que le handicap ne résume pas une personne. Si ma visibilité peut donner un peu de courage, un peu de curiosité bienveillante, ou juste un sourire, alors c’est déjà une belle victoire. Et tant qu’on avance avec respect, la lumière peut rester douce et durable.