A l'occasion des journées mondiales et nationales de l'audition, on découvre aujourd'hui une innovation récompensée au concours Lépine 2025 qui vise à lutter contre l'isolement des personnes malentendantes.
À écouter
Une idée simple : faire s’adapter l’échange, pas la personne
Et si, au lieu de demander aux malentendants de “faire avec”, on apportait une solution immédiate au moment de parler ? C’est l’ambition d'un casque, lauréat du concours Lépine 2025.
Le constat est frappant : « 60% des personnes qui ont une perte auditive ne portent pas d’appareil auditif » selon Michael Uzzan, cofondateur de Spokeo. Et cela pour des raisons variées : inconfort, déception, démarches repoussées…
Rétablir la conversation “tout de suite”, dans plus de 90% des cas
La force du dispositif, c’est son usage instantané, pensé pour les situations du quotidien. « Quand il y a quelqu’un qui tend l’oreille et qui nous dit “quoi, comment, qu’est-ce que vous dites ?”, on lui met le casque… et la communication est rétablie dans plus de 90% des cas », explique Michaël Uzan.
Pas besoin de hausser la voix, ni de répéter : l’échange redevient fluide, plus apaisé, plus respectueux. Une avancée précieuse pour celles et ceux qui vivent la fatigue des conversations hachées, et pour les proches ou professionnels qui veulent bien faire, sans toujours savoir comment s’y prendre.
Du cabinet médical à la mairie : une solution pour tous les lieux de vie
Spokéo vise d’abord les environnements où bien comprendre n’est pas un détail, mais une condition de confiance. Dans le soin, l’enjeu est majeur : « Comment est-ce qu’on recueille un consentement éclairé si le patient n’a pas bien entendu ? » rappelle le cofondateur. Médecins, infirmières, psychologues, ergothérapeutes… tous peuvent y trouver un outil concret pour sécuriser et humaniser la consultation.
Mais la perte d’audition ne s’arrête pas aux portes d’un hôpital. Quand on entend mal, on entend mal son médecin et on entend mal aussi sa boulangère, son banquier. L’invention trouve donc sa place dans les établissements recevant du public : bureaux de poste, mairies, agences bancaires, EHPAD, cliniques… et même chez les notaires, attachés à la compréhension parfaite de décisions importantes.
Moins d’isolement, plus de vie sociale : un impact qui dépasse l’audition
Au-delà du confort, mieux entendre, c’est oser sortir, échanger, participer. Le simple fait de savoir qu’une solution existe “au besoin” peut redonner de l’élan et limiter le repli. Car la perte auditive, rappelle Michaël Uzan, « isole énormément parce que ça coupe de ce qui se passe autour de nous ».
L’enjeu est aussi de santé publique. Le cofondateur cite une étude Lancet indiquant que la perte d’audition est « le premier facteur aggravant des maladies neurodégénératives ». Autrement dit, rendre les solutions plus accessibles et plus courantes, c’est aussi soutenir, au quotidien, la prévention et la qualité de vie.
Dans une société où tout va vite, l'objectif est de remettre la compréhension au centre, sans stigmatiser. Une invitation à équiper les lieux d’accueil, à former les équipes, et surtout à ne laisser personne au bord de la conversation.

