Et si ce que j’ai longtemps pris pour un « trop » était en réalité un talent ? Dans Le cœur de Jeanne, je tends le micro à Emeline : ensemble, on redonne à l’hypersensibilité sa juste place, lumineuse et utile.
À écouter
Cette semaine, je voulais parler de quelqu’un qui m’inspire au quotidien : ma collègue Hémelyne. En échangeant avec elle, je réalise à quel point la grande sensibilité peut nous rapprocher, nous aider à mieux nous comprendre, et même à mieux prendre soin des autres.
Hémelyne me répond avec sa spontanéité : « Moi, je suis quelqu’un de sensible de ouf. » Et puis, elle hésite sur le mot : hypersensible ou juste très sensible ? Cette nuance, je la connais bien. Pendant longtemps, moi aussi, j’ai cru que ma sensibilité était un défaut à corriger.
L’hypersensibilité, une façon de fonctionner
Le jour où Hémelyne en a parlé à une psy, tout a changé : elle a découvert que l’hypersensibilité existe, et qu’elle n’est pas une faiblesse. C’est une particularité du fonctionnement émotionnel et sensoriel : on capte plus finement les ambiances, les non-dits, les variations d’humeur. Et parfois, on ressent très fort ce que l’autre traverse, avant même de mettre des mots dessus.
Elle le résume simplement à l’antenne : « C’est que t’es dans une pièce, tu vas être capable de ressentir presque ce que l’autre ressent. » Ce n’est pas de la magie, c’est une hyper-réactivité émotionnelle, souvent liée à une grande empathie et à une attention accrue aux détails. Beaucoup de personnes hypersensibles décrivent aussi un besoin plus marqué de calme, de récupération, et une fatigue plus rapide quand il y a trop de bruit, trop d’infos, trop d’émotions.
Ressentir l’autre… et choisir d’en faire quelque chose de beau
Quand, par exemple, ma mère n’était pas bien du tout hier, j’étais pas bien non plus. Sans explication rationnelle immédiate, le corps et le cœur se mettent au diapason. Alors j'ai réagit : je toque, je questionne, puis l'enlace.
Pour moi, c’est ça, la beauté de la sensibilité : transformer un ressenti en geste concret. L’hypersensibilité peut être envahissante, oui, mais elle peut aussi devenir une boussole relationnelle. Elle aide à repérer plus tôt une tristesse, une tension, un besoin d’écoute. Et quand on apprend à poser des limites, elle devient une force d’attention, de créativité et de lien.

