Hémicycle : quand les jeunes demandent des comptes à leurs députés

Camille Tribet· 18 mai 2026 à 08:05
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À Bordeaux, 800 jeunes ont rejoint un groupe WhatsApp où des députés expliquent leurs votes, chaque semaine. A l'origine de cette initiative, Tom Laporte.

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Un groupe WhatsApp pour rapprocher élus et jeunes citoyens

Dans nos téléphones, les conversations s’empilent : famille, amis, collègues, voisins… À Bordeaux, un nouveau type de groupe a fait son apparition : une discussion entre jeunes citoyens et députés. L’idée peut surprendre, mais elle répond à une attente très concrète : comprendre ce qui se décide à l’Assemblée nationale et ce qu'il se passe sur le terrain, pour pouvoir interpeller ses représentants sans passer par les réseaux sociaux. À l’origine de cette initiative, Tom Laporte, fondateur de l’association Hémicycle. « J’ai fondé Hémicycle, qui est aujourd’hui une association qui a pour but de redonner de l’autonomie politique à la jeunesse », explique-t-il. Le dispositif repose sur une mécanique bien connue : un canal WhatsApp, des élus identifiés, une communauté de jeunes, et un cadre de discussion strict. Le projet existe déjà à Bordeaux, à Rennes, et Paris.

La “redevabilité”, ou l’élu qui rend des comptes au fil de l’eau

Hémicycle s’attaque à un point sensible de la vie démocratique : le décalage entre le temps politique et le quotidien des citoyens. Trop souvent, le bilan arrive en fin de mandat, au moment où l’on sollicite à nouveau les votes. Tom Laporte veut inverser la logique et rendre le suivi régulier, presque naturel, comme on suit une actualité dans un fil de discussion. Il appelle cela la “redevabilité” : une forme d’obligation morale, et bientôt culturelle, pour les élus de venir expliquer ce qu’ils font, ce qu’ils votent, et pourquoi.  À Bordeaux, 4 députés ont rejoint un même canal WhatsApp : 800 jeunes y sont déjà passés, avec une moyenne d’âge autour de 20-22 ans. Mais faire entrer la politique dans une conversation WhatsApp ne suffit pas : encore faut-il qu’elle soit compréhensible. les bénévoles d'Hémicycle assume donc un rôle de “traducteur” entre le vocabulaire institutionnel et la réalité des jeunes. Là où des termes comme “commission mixte paritaire” peuvent perdre tout le monde en quelques secondes, l’association reformule, contextualise et clarifie. En donnant accès au “comment ça marche” et au “pourquoi ils votent ça”, Hémicycle réduit la distance entre les citoyens et leurs représentants. Et elle montre que l’engagement n’est pas réservé à ceux qui en maîtrisent déjà tous les codes.
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