Hélène Gateau : dormir avec son chien, que révèlent nos nuits ?

Hemelyne Guillemot· 16 mars 2026 à 08:30
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Avec son livre, la vétérinaire Hélène Gateau explore nos nuits et l’attachement aux animaux. Dormir seul, à deux ou avec son chien devient un miroir de nos besoins d’intimité et de réconfort.

À écouter

Colonel, plus qu’un chien : un compagnon qui fait avancer

Dans le studio, Colonel somnole tranquillement, comme une présence rassurante. Hélène Gateau le décrit avec des mots qui disent tout de leur lien : « on a une relation très forte et très fusionnelle ». Border terrier de 7 ans, il l’accompagne « quasiment partout », du travail aux sorties, tout en sachant aussi rester seul à la maison. Un équilibre précieux, loin de l’image du duo inséparable à tout prix.

La vétérinaire revendique une relation assumée, sans honte ni caricature. « Je n’ai pas d’enfant… j’ai un petit peu reporté le désir de maternité… sur mon chien », confie-t-elle, tout en précisant que cela lui « suffit » et l’épanouit. Et de pousser la métaphore encore plus loin : Colonel n’est pas seulement un membre de la famille, il est « un membre supplémentaire à mon intégrité physique ». Une façon sensible de dire combien certains animaux nous ancrent, nous apaisent et nous aident à traverser les étapes de la vie.

Ce que les nuits disent de nous : intimité, solitude, réconfort

Son nouveau livre, Dormir seul, à deux ou avec son chien, ce que les nuits disent de nous (Albin Michel), part d’une question très concrète : avec qui dort-on… et pourquoi ? Hélène Gateau y explore l’intimité, le couple, la solitude, le besoin de contact, et la place croissante des animaux dans nos foyers.

L’idée naît d’une scène simple, vécue en pleine insomnie. Elle se retourne, rumine, cherche le sommeil… et son chien soupire, comme contrarié. « Mince… tu as 43 ans, t’es sur ton lit, t’es en proie aux insomnies, et à côté de toi, t’as un chien qui râle », raconte-t-elle. Derrière l’anecdote, une intuition forte : nos manières de dormir racontent notre rapport à nous-mêmes, aux autres, et à la sécurité affective.

Le livre s’inscrit aussi dans une réalité contemporaine : la vie change, les couples se font et se défont, et beaucoup de personnes se retrouvent à réinventer leur quotidien. Après sa séparation, Hélène Gateau l’admet : « quand on se retrouve femme solo dans une vie parisienne très active… la facilité du lien avec l’animal fait qu’il devient de plus en plus proche de nous ». Sans remplacer l’humain, l’animal offre une présence stable, un rythme, une chaleur qui comptent, surtout la nuit.

Point clé : Le chien a des cycles de sommeil plus courts que les nôtres : « 20 à 40 minutes » environ, contre « 90 à 120 minutes » chez l’humain. Un détail utile pour comprendre certains réveils nocturnes.

Dormir avec son chien : les bons repères, sans culpabilité

La force du propos d’Hélène Gateau, c’est son pragmatisme bienveillant. Elle rappelle d’abord un fait simple : le chien dort la nuit comme nous. « Le chien… est monophasique », explique-t-elle, contrairement au chat, « polyphasique », qui alterne sommeil et activité sur 24 heures. Autrement dit, partager la nuit avec un chien n’est pas forcément synonyme de chaos… à condition d’observer quelques règles de bon sens.

1) Clarifier ses besoins. Avant de décider “lit ou panier”, une question aide : est-ce que je cherche du réconfort, de la chaleur, un sentiment de sécurité ? Ou est-ce que je cède à une habitude qui finit par nuire à mon sommeil ? L’objectif n’est pas de “bien faire”, mais de dormir mieux.

2) Préserver le sommeil de chacun. Un chien peut rêver, bouger, parfois vocaliser. « Un chien rêve… peut-être même avoir des cauchemars », note la vétérinaire. Si cela vous réveille, mieux vaut aménager une solution progressive : panier au pied du lit, coussin dans la chambre, puis éventuellement dans une autre pièce, selon le confort de tous.

3) Garder une relation saine. Hélène Gateau insiste sur un point souvent oublié : la proximité n’empêche pas l’autonomie. Colonel l’accompagne beaucoup, « et pour autant… il est capable de rester tout seul à la maison ». C’est un repère précieux pour éviter l’hyper-attachement, et permettre au chien comme à l’humain de souffler.

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