Haguenau : Cyril Kissoun frôle l’Aconcagua et se révèle

Francois Willmann· 26 février 2026 à 08:00
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Coach sportif à Haguenau dans le Bas-Rhin, Cyril revient d’une aventure unique. Il a tenté l’ascension de l’Aconcagua en Argentine. Il n’a pas atteint le sommet mais en garde d’incroyables souvenirs.

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Un défi immense, préparé avec méthode

Début février, Cyril Kissoun, coach sportif à Haguenau (Bas-Rhin), s’attaque à l’Aconcagua (6 961 m), le plus haut sommet des Amériques, en Argentine. Sans grande expérience de l’alpinisme, il compense par une préparation physique et mentale rigoureuse. « On se sent vraiment minuscule dans ce champ de roches et de montagnes », confie-t-il, saisi par la puissance du lieu. Pour mettre toutes les chances de son côté, il adopte le rythme des expéditions en altitude : repos, acclimatation, et départ en pleine nuit. Dans sa tente, le quotidien se resserre autour de l’essentiel : manger, récupérer, s’équiper. « Je me couche à 19h dans ma tente pour… commencer l’ascension à 2h du matin », raconte-t-il. Une discipline simple, mais déterminante quand la météo peut basculer en quelques minutes.

Quand la montagne impose l’humilité

Le jour de l’attaque finale, le vent monte sans relâche. Très vite, la visibilité chute, la neige se soulève, l’orientation devient incertaine. « Je comprends tout de suite que ça va être compliqué », dit-il, lucide, dès le réveil. Sur une crête de 30 mètres, il lutte longuement : « J’ai mis 45 minutes pour la faire ». La suite se joue en quelques secondes. « Une violente rafale m’a poussé en arrière », et Cyril dévale la pente qu’il venait de gravir. Il se retrouve « sans lampe frontale, dans le noir complet », avec une température ressentie à -32. Grâce à une seconde lampe gardée en secours, il se rééquipe, mais reste désorienté : « Je suis complètement perdu, je ne retrouve plus mes traces ». Deux heures de descente prudente plus tard, il rejoint enfin le camp, sain et sauf.
Point clé : Cyril Kissoun a atteint 6 600 mètres sur les 6 961 mètres de l’Aconcagua, à environ 300 mètres du sommet.

Renoncer pour mieux se protéger… et apprendre

À l’arrivée, la déception n’est pas la première émotion. La priorité, c’est la sécurité, et la gratitude d’être revenu. Il mesure ensuite l’infime distance qui le séparait du sommet : « Il me manquait 300 mètres… il m’aurait manqué peut-être 4h de marche ». En montagne, ces chiffres n’ont rien d’anodin : l’altitude, le froid, le vent et la fatigue transforment chaque pas en engagement. Pour Cyril, renoncer n’efface pas l’aventure : il la rend même plus juste. « Ce serait hypocrite de dire que le sommet n’était pas important… mais la raison initiale était de mieux me connaître, c’est objectif atteint », affirme-t-il. Une façon de rappeler que la réussite ne se résume pas à une photo au sommet, mais aussi à la capacité de décider au bon moment, avec discernement.

La force du solo : se rencontrer en altitude

Cette expédition avait un cœur : la découverte de soi. « L’aventure solo m’a apporté énormément… c’était vraiment ce que j’étais venu chercher », explique celui qui se dit « assez solitaire ». Loin d’un groupe qui motive et porte, il faut trouver en soi l’élan, l’équilibre et la persévérance : « Personne n’est là pour nous redresser quand on a envie de plier un petit peu le genou ». En altitude, le temps s’étire et les questions remontent. « Je me suis posé énormément de questions… sur l’objectif de la vie, sur pourquoi j’entreprends tous ces défis », confie-t-il. Entre longues marches, pauses imposées et heures en tente, l’introspection devient presque inévitable. « J’ai trouvé ça extrêmement intéressant… ces moments d’introspection… forcés », dit-il, comme un cadeau inattendu de la montagne. À 6 600 mètres, Cyril Kissoun n’a pas seulement gravi une pente : il a consolidé une confiance, une lucidité, et une envie d’aller plus loin. Et il le promet : cette aventure n’était qu’un début. Pour celles et ceux qui rêvent d’un défi, son message est limpide : préparez-vous, écoutez les signaux, et avancez pas à pas — parfois, le plus beau sommet est celui qu’on construit en soi.
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