De 80 à 2 000 collaborateurs en 16 ans : Acorus prouve qu’on peut grandir vite et bien. Son moteur : l’éco-rénovation… et un management qui mise sur l’autonomie et le plaisir de bien faire.
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Une croissance portée par le sens et le terrain
Quand Philippe Benquet reprend une entreprise de plomberie il y a 16 ans, elle compte 80 salariés. Aujourd’hui, ACORUS rassemble 2 000 collaborateurs répartis sur une vingtaine de sites. Une croissance « beaucoup en organique, un petit peu d’acquisition » précise-t-il. Un développement impressionnant, nourri par une idée simple : faire de la rénovation un service rendu aux habitants, plus qu’un chantier technique.
« La rénovation, c’est venir permettre aux gens de mieux vivre dans leur bâtiment », résume le président-fondateur. Ce choix stratégique — faire « que de la rénovation » plutôt que du neuf — ancre l’entreprise dans le quotidien. Il s'agit d'améliorer des logements, des immeubles, des usages. Et donner du sens, au plus près des besoins.
De la rénovation à l’Aco-rénovation : une fierté partagée
En 2021, une prise de conscience personnelle accélère une nouvelle orientation : décarboner le bâtiment. Philippe Banquet le dit sans détour : « Ce monde ne tourne plus très rond d’un point de vue du réchauffement climatique et du carbone». En creusant les solutions, l’évidence apparaît : rénover davantage, construire moins, et viser des rénovations plus complètes, mieux pilotées.
Acorus se retrouve alors« un peu par hasard avec l’outil qui peut contribuer à diminuer les émissions de carbone dans le monde du bâtiment ». Cette mission devient une fierté supplémentaire : « Ce qu’on fait a encore un peu plus de sens. » Pour les équipes, l’éco-rénovation n’est plus seulement un marché : c’est une contribution concrète à un futur plus respirable. Chez Acorus, on parle d'"Aco-rénovation" !
« Donner le contrôle » : le management qui libère l’engagement
Le sens compte, mais n’explique pas tout. Pour Philippe Benquet, la vraie bascule vient d’une conviction : « Il n’y a pas de raison que l’entreprise soit un des derniers endroits gouvernés par la peur et l’obéissance. » À la place, il défend un modèle fondé sur l’envie, l’engagement et l’autonomie.
Sa formule préférée dit tout : « Je donne le contrôle. » Autrement dit, faire confiance aux professionnels, leur laisser la main sur leur métier, et leur permettre de résoudre des problèmes par eux-mêmes. Il y voit un cercle vertueux : apprendre, progresser, ressentir de la fierté — et donc avoir envie d’avancer.
Quand un peintre devient aussi ambassadeur du service
Concrètement, cette autonomie change la manière de travailler au quotidien. Philippe Benquet prend un exemple parlant : inutile de dicter à un peintre combien de temps prendra un mur, « il le sait ». En revanche, on peut l’aider à développer une compétence inattendue : la relation avec les occupants.
« Tu n’oublieras pas d’expliquer ce que tu as fait aux occupants quand tu les croiseras », propose-t-il. Résultat : le technicien crée du lien, valorise son travail, et renforce la confiance du client. « Du coup, il est devenu commercial alors qu’il était peintre », sourit le dirigeant. Une petite action, et un grand effet : le métier s’élargit, l’estime grandit, l’entreprise rayonne.
Pour nourrir cette culture, le fondateur cite un livre référence : « Reinventing Organizations » de Frédéric Laloux, qui explore des organisations où l’autonomie progresse et où chacun peut « être lui-même » au travail, sans masque.
À l’heure où la transition écologique demande des solutions concrètes, l’éco-rénovation apparaît comme un chantier d’avenir — et Acorus montre qu’on peut l’aborder avec une énergie positive. Donner les moyens, faire confiance, apprendre ensemble : autant de leviers accessibles à toute organisation. Et si, demain, la transformation la plus efficace commençait par une simple décision : croire en l’intelligence de celles et ceux qui font ?

