En Alsace, une coiffeuse collecte des cheveux pour les blessés de Crans-Montana

Francois Willmann· 20 février 2026 à 07:00
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A Vendenheim dans le Bas-Rhin, Sarah Maire, coiffeuse, collecte de dons de cheveux qui permettront de concevoir des perruques pour les personnes brûlées lors de l’incendie de Crans-Montana.

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Des cheveux du quotidien qui deviennent un geste solidaire

Dans une pièce à l’arrière du salon Actuel Coiffure, les sacs se remplissent : des mèches soigneusement conservées, prêtes à vivre une seconde vie. « Les cheveux, nous, on en coupe tous les jours. Ça en fait beaucoup… mais maintenant ils vont être réutilisés », sourit Sarah Maire, gérante du salon. Son idée : proposer aux clients volontaires un don de cheveux pour aider les victimes du drame de Crans-Montana, en Suisse.

Le principe est simple et puissant : une coupe offerte, et des cheveux envoyés pour fabriquer des prothèses capillaires. Un geste concret, accessible, et profondément humain. À Vendenheim, la solidarité se mesure en centimètres… et en sourires.

Une initiative née d’un réseau… et portée par une équipe

Tout est parti d’une publication vue sur Facebook, dans un groupe de coiffeurs. Sarah y découvre que des salons, dans l’Ain ou le Jura, se mobilisent déjà. « J’ai trouvé que c’était une super idée. J’en ai parlé à mon équipe, ils étaient complètement partants », raconte-t-elle.

Une annonce sur Instagram et Facebook, puis le bouche-à-oreille fait le reste. Les profils se mélangent : adultes, seniors, et bientôt une jeune fille de 12 ans attendue pendant les vacances. Même des mèches conservées depuis des années refont surface, enveloppées « dans du papier de soie », preuve que l’élan collectif dépasse largement la porte du salon.

Point clé : 37 dons en trois semaines, et un record à 77 cm pour la plus longue natte.

Un protocole simple pour un don de qualité

Pour que les cheveux puissent être transformés en prothèses capillaires, quelques règles s’appliquent : un minimum de 20 cm, avec « une préférence de 30 cm, l’idéal ». Les cheveux doivent être naturels, sans mèches, et seulement légèrement colorés. Les donneurs arrivent cheveux lavés, tressés en natte, avec un élastique placé à l’endroit précis de la coupe.

Sur place, le salon consacre « un quart d’heure » : on coupe, puis on réajuste pour que la nouvelle coiffure soit harmonieuse. « Le don est totalement gratuit », insiste Sarah. Ensuite, direction la Suisse : les mèches seront envoyées à Martigny, où elles seront triées, nettoyées, les parties abîmées retirées, avant de devenir des perruques, appelées prothèses capillaires.

Donner pour aider… et oser se réinventer

Parmi les donneuses, Julie vient de franchir le pas avec une natte de plus de 30 cm. « J’ai réfléchi depuis très longtemps… j’en ai tellement, il y en a qui en ont besoin, ça ne coûte rien du tout », confie-t-elle. Pour elle, ce don est aussi une étape personnelle : « C’est aussi l’occasion de changer de tête. Passer des cheveux très longs aux cheveux courts, c’est quand même un beau changement. »

Ce qui l’a décidée, c’est la lecture d’un article sur les grands brûlés de Crans-Montana. « Je me suis dit, je vais essayer d’aider à ma hauteur… au moins, ça peut peut-être aider quelqu’un dans le besoin. » Un geste qu’elle juge modeste, mais qui, mis bout à bout avec les autres, devient une chaîne de soutien bien réelle.

Et l’élan ne s’arrête pas aux frontières : Sarah a même été contactée par une personne venue de Dunkerque. La preuve qu’une initiative locale peut rayonner loin, très loin. Pour celles et ceux qui hésitent encore, le message est simple : une natte peut changer une vie — et parfois, ouvrir un nouveau chapitre pour deux personnes à la fois.

#Mieux agir#Strasbourg