En Alsace, plusieurs piscines accueillent des jeunes en situation de handicap pour des sessions de plongée. Un moyen de faire disparaitre le handicap sur et sous l’eau.
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Une immersion qui ouvre un autre monde
Bouteille d’oxygène sur le dos, masque ajusté, Lucas bascule en avant et disparaît sous la surface. Cet après-midi-là, ils sont huit à vivre cette expérience rare : une séance de plongée adaptée, au sein de la piscine d’Oswald, juste à côté de Strasbourg. Ici, la plongée devient un terrain de confiance, où chacun avance à son rythme.
Ces sessions régulières sont proposées par HandiSub, un dispositif de la Fédération française d’études et de sports sous-marins. Des participants en situation de handicap qui sont, chacun, accompagné par un moniteur bénévole. Objectif : permettre à tous de goûter aux sensations de la plongée, dans un cadre sécurisé et bienveillant.
Apprendre les gestes, gagner en autonomie
« On essaie de faire en sorte qu’ils puissent plonger de façon la plus autonome possible », explique une monitrice. Préparer son matériel, s’équiper, entrer dans l’eau, ranger : tout est pensé pour que les jeunes acquièrent des repères concrets. La progression se fait pas à pas, avec des apprentissages essentiels.
Dans l’eau, la plongée reste exigeante : gérer sa flottabilité, éviter de remonter ou descendre trop vite, suivre le moniteur. « Dégonfler le gilet quand on veut s’immerger et gonfler le gilet dès qu’on est en surface », rappelle la monitrice, car ce sont des réflexes de sécurité incontournables. Pour rendre l’apprentissage plus léger, l’équipe mise aussi sur le jeu : « On a mis plein de jouets… pour détourner leur attention de la partie vraiment technique, qu’ils vont acquérir de façon ludique. »
Apaisement, concentration, sensation de liberté
Pour les familles, les bénéfices se voient vite. Kamel, papa de Najib, le résume avec émotion : « Ça apporte beaucoup de choses, le plaisir de nager sous l’eau surtout et la sensation qu’il se retrouve dans un autre monde. » Il observe aussi un effet apaisant : « Il s’y plaît bien et ça l’apaise. »
Brigitte, maman de Yanis, témoigne d’un parcours déjà impressionnant : « Yanis plonge déjà depuis dix ans. 45 plongées en milieu naturel. » Égypte, sorties en mer… la passion est bien ancrée. « Il a des troubles du comportement, du langage et l’eau, la plongée, ça l’apaise », confie-t-elle, avant d’ajouter un détail qui parle à tous les parents : « Les jours où il plonge, le soir il s’endort tout de suite. »
Dans l’eau, les perceptions changent. « Pour quelqu’un qui est en fauteuil, sentir moins de poids autour de son corps, ça peut être une sensation de liberté infinie », souligne l’encadrement. Et pour des jeunes avec un trouble du spectre de l’autisme, la plongée agit comme un cocon : « Il n’y a plus de bruit parasite… ils sont tranquilles dans leur respiration, dans un environnement safe. »
Un dispositif encadré, et des aides pour faciliter l’accès
Pour participer, il faut une licence dans un club de plongée et régler une cotisation, comme dans toute pratique fédérale. Une organisation qui garantit un cadre sérieux, avec du matériel adapté et des encadrants formés. Et pour limiter le coût, un coup de pouce existe.
Point clé : le Pass Sport peut offrir 70 euros d’aide de l’État aux jeunes qui adhèrent à un club, pour rendre l’activité plus accessible.
À la piscine d’Oswald, chaque immersion raconte la même promesse : celle d’un sport exigeant rendu possible, et d’un moment où l’on se sent capable. En soutenant un club, en devenant bénévole, ou simplement en relayant ces initiatives, chacun peut aider HandiSub à faire grandir cette bulle de liberté… sous la surface.

