Emmanuelle Nguyen : chez Apivia Courtage, le management est humaniste

Gilles ANDRE· 15 mai 2026 à 16:10
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Chez Apivia Courtage, la performance passe d’abord par l’humain. À la tête de 180 collaborateurs, Emmanuelle Nguyen priorise la confiance, l'engagement et l'efficacité au quotidien.

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Une entreprise d’assurance qui choisit la voie de l’humain

Apivia Courtage n’est pas un assureur comme les autres : l’entreprise travaille en tant que « courtier grossiste ». Cela en concevant et proposant des solutions d’assurance à des courtiers partenaires. Ceux-ci les distribuent ensuite à leurs clients, particuliers comme professionnels. Une activité qui exige de la clarté, de la réactivité et une coordination solide. Apivia Courtage s’appuie sur plus de 4 000 courtiers partenaires et une équipe interne de 180 personnes. Dans cet univers où l’on peut vite se perdre dans les process, l’entreprise a fait un pari assumé. Celui de mettre la qualité des relations au cœur du modèle.

Cette orientation, Emmanuelle Nguyen la porte depuis neuf ans, avec une conviction simple : l’efficacité durable se construit d’abord dans un climat de confiance. Elle est arrivée dans l’assurance avec une solide expérience des organisations et une culture de l’accompagnement. Son arrivée correspond à un moment charnière : celui de faire évoluer l’entreprise d’une organisation verticale et cloisonnée vers une culture plus ouverte, plus coopérative.

Dans un secteur souvent perçu comme technique, Apivia Courtage revendique une dimension profondément humaine. Et cette intention se voit autant en interne que dans la relation avec les courtiers partenaires, qui ressentent, eux aussi, une différence de ton et d’énergie.

Emmanuelle Nguyen, une présidente à la posture de « manager coach »

Avant de piloter Apivia Courtage, Emmanuelle Nguyen a accompagné des dirigeants, avec une posture de coach. Une expérience qu’elle continue de mobiliser pour créer un cadre où chacun peut avancer, résoudre ses difficultés, clarifier ses objectifs. Dans son approche, le manager n’est pas seulement celui qui décide. Il est celui qui écoute, questionne, aide à trouver des solutions et renforce l’autonomie.

Ce fonctionnement repose sur une condition essentielle : la sécurité psychologique. Pouvoir dire qu’on a un sujet, un doute, un point de blocage, sans craindre d’être jugé. La présidente explique que des membres du comité de direction, comme d’autres responsables, viennent la voir en toute confidentialité lorsqu’ils en ressentent le besoin. L’idée n’est pas de s’éterniser, mais d’offrir un espace d’écoute et de clarification, au bon moment.

« Les relations humaines leur permettent de dire qu’ils sont dans un espace sécurisé », souligne-t-elle, en décrivant ce qu’elle considère comme un socle de la qualité de vie au travail. Cette confiance n’est pas un « bonus » : c’est un outil de travail. Elle rend les échanges plus simples, les arbitrages plus fluides, les tensions plus faciles à traiter avant qu’elles ne s’installent.

L’entreprise s’appuie aussi sur une source d’inspiration structurante : l’association GERME, engagée pour le progrès du management humaniste. Apivia Courtage ne se contente pas d’adhérer à l’idée : les équipes déploient des outils concrets, à tous les niveaux, pas seulement chez les managers. Une manière de faire vivre une culture commune, sans l’enfermer dans des slogans.

La « route des sens » : pour activer les ressources de chacun

Parmi les dispositifs phares, Apivia Courtage a mis en place depuis sept ans un outil interne baptisé « route des sens ». L’objectif : aider les collaborateurs à travailler le sens, à identifier leurs ressources personnelles, et à les mettre au service du collectif. Derrière le jeu de mots assumé, il y a une idée très opérationnelle : chacun fonctionne différemment, et l’entreprise gagne à reconnaître ces différences plutôt qu’à les lisser.

Emmanuelle Nguyen insiste sur la notion de bien commun : l’épanouissement individuel n’est pas un objectif isolé, il devient un levier de coopération et d’engagement. Dans cette logique, la qualité de vie au travail n’est pas traitée comme un sujet RH à part, mais comme un ingrédient de la performance globale, y compris économique et sociétale.

« Si tous les matins les personnes viennent en étant bien dans leur peau, au maximum, elles auront vraiment envie de donner le meilleur d’elles-mêmes », explique la présidente. L’idée n’est pas de promettre des journées parfaites, mais de créer des conditions favorables : un cadre clair, des relations saines, et des rituels qui aident à se mettre en mouvement.

Cette démarche a aussi un effet direct sur l’engagement. Quand les collaborateurs comprennent mieux ce qu’ils apportent, et pourquoi ils le font, ils gagnent en motivation. Et quand cette motivation est partagée, l’entreprise peut viser des objectifs ambitieux sans épuiser ses équipes.

Inclusion, déclusion : des réunions plus courtes, plus utiles, plus humaines

La transformation culturelle se joue souvent dans des détails. Chez Apivia Courtage, elle s’incarne notamment dans la manière de faire des réunions. L’entreprise utilise des rituels d’« inclusion » et de « déclusion » : de courts temps d’ouverture et de clôture, pensés pour rendre les échanges plus efficaces… et plus agréables.

L’inclusion, c’est une minute pour arriver vraiment dans la réunion : un tour de table rapide, parfois à partir de cartes ou de photos (« photo langage »). Chacun peut dire comment il se sent, ce qui l’inspire, ou dans quel état d’esprit il démarre. L’objectif est simple : libérer la charge mentale, créer de l’attention, et rendre le cerveau disponible.

La déclusion, elle, sert à repartir avec quelque chose de concret : ce que je retiens, ce que je vais appliquer, ce qui m’aide dans ma journée. Une façon d’éviter les réunions qui s’enchaînent sans produire d’action. Emmanuelle Nguyen le dit clairement : elle combat la « réunionnite » et privilégie des temps collectifs qui débouchent sur des décisions, des priorités, des engagements.

Ce qui rend le dispositif vivant, c’est qu’il n’est pas imposé. Chacun peut proposer sa manière de faire. Le rituel n’appartient pas au manager : il peut être porté par un collaborateur, tournant d’une réunion à l’autre. Résultat : plus de participation, plus de créativité, et une énergie collective qui se nourrit de la simplicité.

« On n’impose pas une méthode. Chacun peut créer l’inclusion qu’il veut », résume Emmanuelle. Et cette liberté, loin de diluer la culture commune, la renforce : elle donne à chacun le droit d’être acteur de la qualité du travail.

Des outils visibles, accessibles, et une culture qui « rayonne » jusqu’aux partenaires

Pour ancrer ces pratiques, Apivia Courtage a fait un choix original : limiter les longs documents et les notes de service. Ici, pas de « grands PDF » qui finissent oubliés. L’entreprise préfère des supports visuels, des dessins qui rappellent les outils et les rituels. Ils sont affichés dans les bureaux, disponibles sur l’intranet et dans des espaces partagés, afin que chacun puisse piocher facilement.

Cette culture ne reste pas confinée aux murs de l’entreprise. Les courtiers partenaires, au contact des équipes, perçoivent cet état d’esprit. Emmanuelle Nguyen rapporte des retours marquants : « Il y a quelque chose qui rayonne chez vous et ça, ça me plaît ». Dans une relation B2B, où l’on parle souvent tarifs, garanties et délais, cette dimension relationnelle devient un facteur de différenciation.

Au fond, Apivia Courtage défend une idée de la robustesse : une entreprise peut produire du chiffre, mais elle tient dans la durée si elle investit dans son capital humain. Travailler l’humanisme n’est pas un luxe, ni une posture : c’est une stratégie de solidité, particulièrement précieuse dans un monde professionnel en transformation rapide.

Et quand une dirigeante rêve tout haut de « déployer le positif encore plus », elle rappelle une chose essentielle : la culture d’entreprise n’est jamais figée. Elle se cultive chaque jour, dans la manière d’écouter, de décider, de se parler, de se réunir. À cette échelle, ces pratiques simples peuvent inspirer bien au-delà d’Apivia Courtage, en donnant envie à d’autres organisations de remettre l’humain au centre, avec exigence et confiance en l’avenir.

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