Lieu : Spain

Elle a vécu 117 ans : les secrets alimentaires d’une longévité paisible

Christophe Duhamel· 30 octobre 2025 à 07:16
Ajoutez-nous en favori

Découvrez les habitudes alimentaires simples de Maria Branyas, 117 ans, qui révèlent comment manger mieux pour vivre plus longtemps et en bonne santé.

Elle s’appelait Maria Branyas Morera. Née en 1907, cette Catalane a traversé deux guerres mondiales, une pandémie et plus d’un siècle de révolutions technologiques. Mais ce qui intrigue aujourd’hui les chercheurs, c’est moins son âge canonique que la stabilité et la simplicité de son mode de vie. Son secret ? Pas de régime à la mode, pas de compléments miracles — simplement une alimentation frugale, régulière et joyeuse, où le yaourt tenait une place de choix.

Une longévité observée par la science

Fin 2024, une équipe de chercheurs espagnols et français a analysé son profil biologique, publié dans Nature Aging et relayé par Le Monde. Ils ont constaté un vieillissement cellulaire remarquablement lent, sans signe d’inflammation chronique, l’un des grands marqueurs du vieillissement pathologique. Et si la génétique explique une partie de cette résistance, les chercheurs soulignent aussi le rôle central de son hygiène de vie : rythme régulier, sommeil stable, activité quotidienne… et surtout, une alimentation méditerranéenne “naturelle”, sans excès ni ultra-transformé.

1. Le yaourt quotidien : un aliment sous-estimé

Selon Top Santé et Ouest-France, Maria Branyas mangeait trois fois par jour du yaourt nature, sans sucre ajouté. Elle affirmait que cela « mettait son ventre en paix ». Ce geste anodin est aujourd’hui soutenu par des études scientifiques.

👉 Pourquoi c’est bon pour la santé :

  • Les yaourts contiennent des probiotiques vivants, notamment les souches Lactobacillus bulgaricus et Streptococcus thermophilus, qui contribuent à l’équilibre du microbiote intestinal, clé de l’immunité et de la régulation de l’inflammation.
  • Une étude publiée dans le British Journal of Nutrition (2023) a montré qu’une consommation quotidienne de yaourt réduisait le risque de syndrome métabolique de 30 % chez les plus de 60 ans.
  • Les produits fermentés, contrairement aux laitages ultra-traités, apportent des nutriments facilement assimilables (calcium, vitamine B12, protéines complètes).

👉 À retenir :
Trois yaourts par jour ne sont pas nécessaires pour tous, mais un à deux produits fermentés quotidiens (yaourt, kéfir, skyr, lait ribot, choucroute crue…) constituent un excellent réflexe santé.

2. Une alimentation frugale et locale

Maria Branyas n’a jamais suivi de régime particulier. Elle mangeait peu mais varié, en privilégiant les produits locaux : huile d’olive, légumes du potager, fruits de saison, poisson grillé, un peu de vin rouge à table. Bref, une diète méditerranéenne traditionnelle, reconnue par l’OMS comme l’un des modèles les plus protecteurs contre les maladies cardiovasculaires et neurodégénératives.

👉 Ce que disent les études :

  • L’étude PREDIMED (2018) a montré qu’une alimentation méditerranéenne riche en huile d’olive vierge extra réduit le risque d’infarctus de 31 %.
  • Les chercheurs de Harvard (2020) ont aussi observé une corrélation entre ce régime et une plus grande espérance de vie, notamment grâce à la richesse en polyphénols et en acides gras mono-insaturés.

👉 À retenir :
Manger moins mais mieux : limiter les produits ultra-transformés, préférer les plats simples, le fait-maison, et ne pas bannir les graisses de qualité (huile d’olive, noix, poisson).

3. Trois repas par jour, sans grignotage

Selon ses proches, la doyenne respectait un rythme alimentaire fixe : petit-déjeuner copieux, déjeuner équilibré, dîner léger. Jamais de grignotage. Ce schéma favorise une stabilité de la glycémie et réduit les pics d’insuline, responsables du vieillissement accéléré des cellules.

👉 Ce que dit la recherche :
Une étude parue dans Cell Metabolism (2021) a montré que la régularité des repas améliore la sensibilité à l’insuline et réduit les marqueurs inflammatoires, même sans restriction calorique.

👉 À retenir :

  • Respecter des horaires réguliers (dans une fenêtre de 10 à 12 heures par jour maximum) améliore le métabolisme.
  • Un dîner léger et tôt favorise un meilleur sommeil et une meilleure digestion.

🥗 4. Peu de viande, beaucoup de végétaux

Maria Branyas consommait peu de viande rouge. Ses repas tournaient autour des légumes, légumineuses, fruits, céréales complètes, avec du poisson deux à trois fois par semaine. Elle n’était pas végétarienne mais pratiquait une forme intuitive de sobriété alimentaire.

👉 Ce que disent les études :

  • Une méta-analyse du Journal of the American Heart Association (2022) montre que chaque portion quotidienne supplémentaire de légumes réduit la mortalité prématurée de 10 %.
  • La réduction de la viande rouge à moins de deux fois par semaine diminue le risque de diabète de type 2 de 21 %.

👉 À retenir :
La longévité ne repose pas sur la privation, mais sur la diversité et la mesure : un peu de tout, mais surtout du végétal.

5. Le plaisir et la convivialité comme nutriments essentiels

Maria Branyas prenait ses repas à heure fixe, entourée de ses proches. Elle buvait un petit café chaque matin, parfois un verre de vin rouge le week-end. Selon elle, « le secret, c’est d’avoir le moral et de ne jamais se presser ».

👉 Les preuves scientifiques :

  • Des chercheurs japonais ont montré que les centenaires d’Okinawa partagent ce rapport apaisé à l’alimentation : ils mangent lentement, en petite quantité, avec gratitude (hara hachi bu, “manger à 80 % de satiété”).
  • Une étude publiée dans Frontiers in Psychology (2022) confirme que le plaisir alimentaire améliore la digestion et réduit la sécrétion de cortisol.

👉 À retenir :
Manger dans le calme, avec plaisir et en bonne compagnie, est tout aussi important que ce qu’on met dans l’assiette.

6. Une philosophie de vie au service du corps

Plus que des règles alimentaires, Maria Branyas incarnait une cohérence globale : sommeil régulier, absence d’excès, marche quotidienne, curiosité intellectuelle. Elle vivait dans un environnement social stable, sans isolement, ce qui renforce le système immunitaire selon une étude de Nature Human Behaviour (2023).

Elle ne comptait pas ses calories, ne pesait pas ses aliments. Elle pratiquait simplement ce que la science redécouvre aujourd’hui : la sobriété joyeuse.

Une sagesse à redécouvrir

Maria Branyas n’a jamais cherché à “vivre plus longtemps”. Elle voulait seulement vivre bien.
Et c’est peut-être là le vrai secret de la longévité : ne pas courir après les années, mais donner plus de vie aux années — une bouchée de yaourt à la fois.