Chaque jour, l’Établissement français du sang transforme la générosité en soins concrets pour les patients. Avec 10 000 professionnels mobilisés, l’EFS recrute, modernise et accélère sur le plasma.
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Une mission simple et vitale
En France, un seul établissement porte cette responsabilité : l’Établissement français du sang (EFS). Depuis décembre 2023, son président Frédéric Pacoud pilote cette maison commune où l’on collecte, prépare et distribue sang, plaquettes et plasma aux hôpitaux. « Quand on se lève le matin, on ne se pose pas la question de savoir à quoi on va servir aujourd’hui. On sait qu’on est au service d’une mission essentielle », résume-t-il. Une mission d’autant plus précieuse que, dans de nombreuses situations médicales, « on ne sait pas faire aujourd’hui sans les produits sanguins ».
Derrière les poches de sang, une chaîne humaine impressionnante : infirmières, techniciens de laboratoire, logisticiens, chauffeurs, biologistes, médecins, informaticiens… « Beaucoup de métiers différents » unis par un même objectif : répondre aux besoins des malades, partout sur le territoire. Et au cœur du dispositif, les donneurs, accueillis « le mieux possible » pour que leur geste devienne un soin sûr et efficace.
1,5 million de donneurs… et un défi permanent de renouvellement
L’EFS ne cherche pas « le maximum » de dons, mais la juste quantité pour couvrir les nécessités médicales. Chaque année, environ 1,5 million de donneurs permettent d’assurer l’approvisionnement. Mais l’équilibre reste fragile : « chaque année, on a 100 000 personnes qui sortent de nos fichiers », explique Frédéric Pacoud, en raison de l’âge limite (70 ans pour le sang, 65 ans pour le plasma) ou du fait de problèmes de santé.
Résultat : la mobilisation est constante pour accueillir de nouveaux volontaires. En France, le cadre éthique est clair : le don est « bénévole, anonyme, gratuit ». Un modèle qui repose sur la fraternité, cette envie d’aider « des personnes qu’elles ne connaissent pas » en donnant un peu de soi.
Le plasma, un enjeu de souveraineté sanitaire
Depuis deux ans, une priorité s’impose : développer la collecte de plasma pour fabriquer des médicaments dérivés du plasma. Aujourd’hui, la France dépend largement d’importations, notamment des États-Unis. Dans un contexte international incertain, l’État a donc confié à l’EFS une mission stratégique : augmenter la collecte pour « renforcer notre niveau d’indépendance stratégique ».
Donner son plasma, c’est un peu plus long, mais tout aussi accessible. Là où le prélèvement de sang dure une dizaine de minutes, celui de plasma prend « 40-45 minutes », soit environ 1h30 au total sur place. « Est-ce qu’on peut consacrer 1h30 pour rentrer dans cette démarche de solidarité ? » interroge Frédéric Pacoud, en évoquant un rythme de « 3 ou 4 fois par an ». Une parenthèse utile, qui peut sécuriser l’accès à des traitements indispensables.
Moderniser l’EFS pour mieux accueillir donneurs et soignants
Frédéric Pacoud est juriste de formation. Il revendique « la passion du service public » et le goût des transformations. À l’EFS, cette transformation passe par la consolidation du financement et par un projet stratégique inscrit dans un contrat signé avec l’État en 2025. L’ambition : moderniser l’établissement, élargir ses missions et donner un cap clair « au service de la souveraineté sanitaire ».
Autre chantier majeur : l’attractivité des métiers. Particularité de l’EFS, établissement public administratif, il fonctionne avec des salariés de droit privé. Une réforme de la classification des métiers et des rémunérations est en discussion, la dernière datant de 2008. Objectif : rendre les parcours plus visibles et ouvrir encore davantage les perspectives, dans une maison où l’on peut évoluer « de technicien de laboratoire » vers la communication, le marketing, ou le pilotage d’une maison du don.
Et puis, il y a ce qui ne se mesure pas dans les tableaux : la qualité de l’accueil. « Ce que nous devons aux donneurs, c’est la qualité de l’accueil, c’est le sourire », insiste le président. Un détail en apparence, une clé en réalité, pour que chacun se sente attendu, respecté, et ait envie de revenir.
Car le don, au-delà du geste, offre aussi une récompense intime. « Quand on a donné, on se sent bien », confie Frédéric Pacoud, « quoi qu’il arrive dans la journée, on a réussi quelque chose puisqu’on a rendu service à trois personnes ». Et si, vous aussi, vous transformiez une heure de votre temps en plusieurs vies mieux soignées ?

