Et si la diversité d’âge devenait un vrai moteur de performance et de bien-être au travail ? Dans son guide « L’atouage », Laetitia Vito propose 64 clés concrètes pour recruter, évoluer et travailler mieux, à tout âge.
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Une société plus âgée… et surtout plus diverse
Quand on parle transition démographique, on pense souvent « vieillissement ». Laetitia Vitaud invite à changer de focale : « On n’est pas seulement plus vieux, on est plus différent. » D’ici 2050, la pyramide des âges laisse même apparaître une pointe nouvelle : des centenaires suffisamment nombreux pour compter. Et dans les entreprises, cette réalité se traduit déjà par la cohabitation de « jusqu’à 5 générations » au travail.
Cette diversité, loin d’être un problème, peut devenir une richesse. Encore faut-il adapter les règles du jeu : carrières, recrutement, management et organisation du travail. Car l’âge, rappelle l’autrice, ne se résume pas à une date de naissance.
Comprendre l’âge pour sortir des cases
Dans son livre, Laetitia Vitaud commence par déconstruire une idée tenace : l’âge « chronologique » ne dit pas tout. « Il efface d’autres définitions de l’âge qui sont tout aussi importantes », comme l’âge biologique, très lié aux conditions de vie, au niveau d’éducation ou aux conditions de travail. Elle évoque aussi l’âge professionnel : l’ancienneté, mais aussi les attentes sociales projetées sur chacun.
Résultat : beaucoup ont l’impression de « ne jamais avoir le bon âge ». Trop jeune, on n’est pas pris au sérieux ; plus tard, on vous soupçonne de vouloir un enfant ; puis viennent les discriminations liées au vieillissement. La spécialiste appelle à une approche « agnostique par rapport à l’âge », centrée sur les compétences, le potentiel et l’envie d’apprendre.
Recruter autrement : valoriser les parcours atypiques
L’un des messages les plus opérationnels du guide vise le recrutement. Laetitia Vitaud veut « en finir avec cet adéquationnisme » qui cherche un candidat prétendument parfait : bon diplôme, X années d’expérience, trajectoire prévisible. « La notion de profil idéal, elle est très excluante », résume-t-elle, car elle pousse les plus jeunes à s’auto-censurer… et les plus expérimentés à ne pas candidater non plus.
Parmi les pistes, l’autrice recommande de se concentrer sur les compétences plutôt que sur un nombre d’années. Elle encourage aussi à « valoriser les trous dans le CV » : maladie, parentalité, rôle d’aidant… autant de périodes qui développent des aptitudes réelles, souvent invisibles. « Derrière, il y a un trésor de compétences », insiste-t-elle, à condition que les employeurs apprennent à les identifier.
Carrières et organisation : rendre le travail durable pour tous
Autre tabou que le livre met sur la table : le droit de débuter, même à 47 ou 52 ans. Laetitia Vitaud propose de « valoriser l’esprit du débutant » et de développer des mobilités horizontales, pas seulement des promotions verticales. Changer de métier, se former, repartir sur un nouveau projet : ces trajectoires deviennent essentielles dans un monde où l’on travaille plus longtemps et où les métiers évoluent vite.
Le guide aborde aussi l’environnement de travail, avec des sujets longtemps passés sous silence. La ménopause, par exemple, n’est pas marginale : « C’est 7 millions de femmes qui sont en périménopause et ménopause. » Pour l’autrice, les entreprises peuvent agir par le design, la formation des managers, l’implication de la médecine du travail et une meilleure information.
Son concept-phare : le « design universel », inspiré du handicap. Concevoir l’organisation pour ceux qui ont le plus de contraintes — un parent solo, une personne fatiguée, un salarié en reprise — rend le travail plus fluide pour tous. « Cette autonomie, elle bénéficie à tous », souligne-t-elle, car elle redonne de la maîtrise du temps… et du quotidien.
Au fond, Laetitia Vitaud défend une conviction simple : « On a beaucoup plus de choses qui nous rassemblent que de choses qui nous séparent. » En recrutant, en formant et en organisant le travail avec plus de souplesse, les entreprises peuvent créer des équipes où chaque génération trouve sa place. Une dynamique qui donne confiance, ouvre des secondes chances, et prouve qu’au travail comme dans la vie, rien n’est figé.
Pour aller plus loin > Laetitia Vitaud : à quoi ressemble le monde du travail aujourd'hui ?


