Et si la bonne humeur se travaillait comme un jardin, à coups de petits gestes simples ? La psychothérapeute Isabelle Leboeuf partage des clés concrètes pour retrouver de l’élan, sans pression, du matin au soir.
À écouter
La bonne humeur, une « météo » qui se cultive
Pour Isabelle Leboeuf, docteure en psychologie et psychothérapeute, « l’humeur, c’est un peu la météo de notre moral » : certains jours sont lumineux, d’autres plus gris. Bonne nouvelle : il n’est pas nécessaire de tout bouleverser pour aller mieux. L’idée, c’est plutôt d’identifier ce qui nous déséquilibre… et surtout ce qui nous rééquilibre. « Toutes les petites choses dans notre quotidien qui sont source de joie, j’appelle ça les “boules de joie” », explique-t-elle.
Ces micro-moments ne suppriment pas les contrariétés, mais ils apportent de la clarté dans la journée. Un peu comme des éclaircies qui reviennent, même quand le ciel est chargé. Et plus on les repère, plus on apprend à les faire grandir.
Le matin : créer un premier moment agréable, même en 5 minutes
La journée se joue souvent dès le réveil… à condition de ne pas la démarrer en mode alarme et précipitation. Isabelle Leboeuf le dit avec humour : « Déjà pas avec le réveil et le snooze qui n’arrête pas de sonner. » Ensuite, place à un petit rituel qui fait du bien, choisi et assumé.
Pour elle, c’est simple : « Le moment du café, le matin, c’est un moment de joie. » Peu importe le contenu, c’est la qualité d’attention qui compte : savourer, respirer, ralentir. Méditation, douche, quelques étirements… chacun peut trouver son “bon pied” pour se lever, sans chercher la performance.
Dans la journée : des « épices » de joie, sans en faire une injonction
Rester de bonne humeur tout le temps ? Ce serait presque un piège. « Il ne faut pas faire de la bonne humeur une injonction », rappelle la psychothérapeute. La vie apporte son lot d’imprévus : une mauvaise nouvelle, un train raté, une course contre la montre… et c’est normal. L’enjeu, c’est de ne pas se juger quand la pluie arrive.
Pour traverser ces variations, Isabelle Leboeuf propose d’ajouter de petites touches qui augmentent la “saveur” du quotidien : « C’est un peu comme mettre des épices dans un repas. » Un message à quelqu’un qu’on apprécie, une bougie en télétravail, un moment “croustillant” si l’on aime la pâtisserie… Des gestes accessibles, qui nourrissent l’énergie et l’envie d’agir.
Le soir : fermer la journée, sortir des ruminations, retrouver l’émerveillement
Le dernier virage, c’est celui du coucher. Isabelle Leboeuf conseille de « clôturer la journée », en s’offrant au moins une heure pour redescendre : apaiser le corps, calmer le stress, choisir une activité agréable plutôt que le défilement automatique sur le téléphone. Ce sas du soir aide à mieux dormir… et donc à mieux repartir le lendemain.
Et si la tête tourne en boucle, elle invite à déplacer le projecteur : repérer « une ou deux bonnes choses dans la journée », ce qui a été accompli, les problèmes résolus, même modestes. Autre ressource précieuse : l’émerveillement. « Il peut se cacher dans toutes les formes de beauté », dit-elle, d’une plante qui pousse à un coucher de soleil, jusqu’aux images du cosmos qui la « reboostent » instantanément.
Son dernier conseil est aussi un geste de solidarité intérieure : quand le moral baisse, éviter le repli. « Aller plus vers les autres, envoyer un SMS, discuter avec quelqu’un » peut tout changer. À chacun maintenant de repérer ses “boules de joie”, d’oser les protéger… et de faire grandir, jour après jour, sa météo intérieure.
Pour aller plus loin > La gratitude au quotidien : un geste simple qui fait du bien

