Lieu : France

La peau du concombre concentre plus de fibres et d'antioxydants que la chair, à condition de bien la laver avant de la manger

Christophe Duhamel· 22 août 2026 à 16:12

La peau du concombre concentre fibres, chlorophylle et antioxydants. Voici ce que cela change concrètement, et dans quels cas mieux vaut l'éplucher.

Avec seulement 15 kcal pour 100 grammes, le concombre se mange presque toujours cru, en salade ou en accompagnement. Sa peau, retirée par habitude chez de nombreuses personnes, concentre pourtant une bonne partie de ses fibres et de ses antioxydants.

Manger le concombre avec sa peau change vraiment ce que vous en retirez sur le plan nutritionnel

Pour Clara Ledoux Morvan, diététicienne nutritionniste, le concombre peut tout à fait se consommer avec sa peau, à condition de bien la laver auparavant. C'est même, selon elle, la façon la plus intéressante de le manger sur le plan nutritionnel.

Une partie des fibres et certains composés antioxydants du concombre se concentrent justement dans sa peau. La chair seule, plus riche en eau, en apporte nettement moins. Retirer systématiquement la peau revient donc à se priver d'une partie des bénéfices du légume.

Chlorophylle, polyphénols et flavonoïdes, ce que la peau du concombre apporte réellement à l'organisme

La peau du concombre renferme des chlorophylles, les pigments qui donnent leur couleur verte aux plantes. Ce pigment naturel, aussi présent dans les épinards ou le persil, jouerait plusieurs rôles pour l'organisme selon les études disponibles.

  • une action favorable sur l'équilibre du pH sanguin, dite alcalinisante ;

  • un effet positif sur la digestion, avec moins de ballonnements et de gaz observés ;

  • un rôle dans l'élimination des toxines par le foie, un peu comme un filtre qui retient les impuretés avant qu'elles ne circulent dans le sang ;

  • des propriétés antibactériennes et anti-inflammatoires, associées à une meilleure régénération des tissus cutanés.

La peau concentre aussi les plus hautes teneurs en composés phénoliques, des molécules antioxydantes naturelles, et en flavonoïdes, qui aident à limiter le stress oxydatif des cellules. Autant de bénéfices que la chair seule n'apporte pas dans les mêmes proportions.

Allergies et intestin sensible, dans quels cas retirer la peau du concombre devient vraiment utile

Être allergique au concombre reste rare, mais cette réaction existe et concerne le légume dans son ensemble, pas seulement sa peau. Un lien a été observé entre les personnes sensibles à certains pollens, comme celui de l'ambroisie, et une réaction croisée au concombre.

Cette réaction se manifeste souvent par des démangeaisons ou une sensation de picotement dans la bouche après avoir mangé du concombre. Retirer la peau améliore parfois la tolérance, mais pas systématiquement : certaines personnes ne peuvent tout simplement pas en consommer.

Chez les personnes souffrant du syndrome de l'intestin irritable, une digestion sensible aux fibres insolubles, plus concentrées dans la peau, peut aussi poser problème. Éplucher le concombre dans ces cas précis suffit généralement à réduire les ballonnements et l'inconfort digestif.

Pesticides et peau du concombre, comment limiter simplement son exposition au quotidien

Comme pour la plupart des fruits et légumes, la question des résidus de pesticides se pose pour le concombre, en particulier lorsqu'il n'est pas issu de l'agriculture biologique. La teneur en résidus varie fortement selon le mode de culture utilisé.

L'ANSES recommande de laver soigneusement les fruits et légumes avant de les consommer, y compris lorsqu'ils sont destinés à être mangés crus avec leur peau. Pour le concombre, quelques secondes sous l'eau du robinet, en frottant doucement la peau, suffisent avant de le trancher pour une salade.

Quand cela est possible, privilégier un concombre issu de l'agriculture biologique reste la solution la plus simple pour limiter son exposition aux résidus de pesticides tout en profitant pleinement des bénéfices nutritionnels de sa peau.