Commerce équitable : ce n'est pas que la responsabilité du consommateur

Camille Tribet· 9 mars 2026 à 15:00
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Avec le commerce équitable, le prix payé et les pratiques agricoles évoluent. Et la responsabilité se partage, bien au-delà du caddie. Entretien avec Valéria Rodriguez, de l'ONG Max Havelaar France.

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Le commerce équitable, c’est d’abord un prix juste

Acheter un café labellisé commerce équitable, « ça change fondamentalement » la rémunération du producteur, rappelle Valeria Rodriguez, directrice du plaidoyer chez Max Havelaar France. L’idée est simple : quand vous achetez du café issu du commerce équitable, vous permettez au caficulteur de toucher une rémunération qui couvre ses coûts de production. Un principe qui paraît évident, mais qui, dans l’agriculture, ne va pas de soi.

Ce prix plus juste sécurise le travail des producteurs et leur permet de se projeter. Mais le label de commerce équitable ne s’arrête pas au prix : il inclut aussi une prime de développement versée à la coopérative. « Elle peut lui servir pour améliorer la qualité, pour mettre en place des projets », explique Valeria Rodriguez. Dans certains cas, cette prime finance des besoins essentiels, « pour construire une école par exemple s’il n’y a pas une école dans le coin ».

Cette logique collective renforce les organisations de producteurs et leur capacité à décider. Elle encourage des projets utiles, choisis localement, et ancrés dans la durée. Initialement il vise à rééquilibrer le commerce Nord-Sud mais de plus en plus, il est utilisé dans le commerce équitable origine France.

Moins de pression sur les consommateurs, plus de choix collectif

Face à l’envie d’agir, beaucoup se sentent parfois dépassés par la “bonne” décision à prendre à chaque achat. Sur ce point, Valeria Rodriguez est claire : « Je n’aime pas du tout jeter la pierre sur les consommateurs ». Pour elle, la responsabilité ne repose pas uniquement sur les individus.

Car le choix est aussi celui des villes, quand elles décident des menus dans les cantines, et celui des distributeurs, quand ils sélectionnent les produits en rayon. Bien sûr, le geste citoyen compte : « Consommer, c’est voter », dit-elle, parce qu’il envoie un signal. Mais ce signal gagne en force quand il est relayé par des décisions collectives, dans les écoles, les magasins et les politiques d’achat.

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