A Duttlenheim dans le Bas-Rhin, l’écurie de la 2ème chance recueille des chevaux maltraités ou abandonnés. Après les soins, les animaux et les humains se retrouvent autour de la discipline de la voltige.
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Un refuge qui transforme les blessures en nouvel élan
Dans cette écurie pas tout à fait comme les autres, chaque cheval arrive avec un passé lourd, mais pas une condamnation. Tiffany Klein a fondé L’Écurie de la 2ème Chance pour recueillir des animaux « cabossés par la vie », victimes de maltraitance, d’abandon ou d’accidents. Ici, le temps et la douceur font leur œuvre, jusqu’à voir renaître des chevaux apaisés, prêts à retisser du lien.
Parmi eux, Furst, un grand cheval d’1,83 m, sauvé il y a dix ans. « Il faisait 300 kilos au lieu de 700… il n’avait plus que la peau et les os », raconte Tiffany. Aujourd’hui, il vit une nouvelle vie, stable et sereine, au point d’accompagner des voltigeurs de tous âges sur la piste.
La voltige, un sport complet… et un langage de confiance
Au centre du projet, la voltige équestre : une discipline à la fois physique et sensible. Tiffany, voltigeuse depuis l’enfance, la décrit comme « un sport vraiment très complet, que ce soit pour le cheval ou pour le voltigeur ». Sur le cheval en mouvement, chacun apprend l’équilibre, la coordination, mais aussi l’écoute et le respect.
La relation se construit à travers des codes simples, répétés avec patience. « C’est des codes qu’il apprend au fur et à mesure », explique Tiffany, en guidant son cheval à la voix, du pas au galop, jusqu’à l’arrêt.
Un lieu ouvert à tous, y compris au handicap
L’Écurie de la 2ème Chance revendique une pratique accessible, adaptable, inclusive. Depuis deux ans, l’association accueille aussi des personnes en situation de handicap, en ajustant les exercices. « On peut l’adapter… en fonction des personnes qui ont des difficultés », souligne Tiffany.
Ici, les âges se mélangent avec naturel : « On peut pendant un cours avoir des enfants de 3 ans comme des adultes qui ont 60 ans. » Et même au-delà : « J’ai une voltigeuse qui a 75 ans. » La méthode reste douce, sans prise de risque : des figures simples, et surtout un objectif clair, celui du lien. « C’est plutôt le côté affectif et rapport avec l’animal que de la pratique sportive réelle. »
Apprendre à prendre soin : une famille autour des chevaux
Les cours se vivent en petits groupes, et la voltige ne se limite pas à monter. Les participants apprennent aussi les soins : brosser, donner à boire, préparer les boxes. « Ce n’est pas juste je viens une heure, je saute dessus », insiste Tiffany. Le cheval n’est pas un outil : c’est un partenaire.
La vie collective se prolonge même hors de l’écurie, avec des camps et un rituel qui fait rêver : « On les emmène même à la mer chaque année… une semaine à la plage. » À force de gestes partagés, les liens se tissent. « Ça devient vraiment des amis et c’est une réelle famille », résume la fondatrice.
À L’Écurie de la Deuxième Chance, chaque séance prouve qu’une histoire difficile n’empêche pas un avenir lumineux. L’association accueille volontiers de nouveaux voltigeurs : une invitation simple à venir rencontrer ces chevaux résilients… et à repartir un peu plus confiant, soi aussi.

