Jeanne Métivier a accueilli Camille Galliard-Minier aux micros d'AirZen Radio et de Handicap.fr. Il a été question d'école inclusive, d'accessibilité, d'emploi et de visibilité du handicap.
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AirZen Radio, Handicap.fr et "Le cœur de Jeanne" ont reçu Camille Galliard-Minier, Ministre chargée de l'Autonomie et des Personnes en Situation de Handicap. L'occasion de faire le point avec elle sur l'action de l'Etat sur différents champs importants de l'inclusion : l'école, l'accessibilité, l'emploi ou encore la représentation dans la société.
À la question de Jeanne — ce que cela représente d’être interviewée par une personne porteuse de trisomie 21 — Camille Galliard-Minier répond sans détour : « Je vois surtout la journaliste, qui compte aujourd'hui sur les réseaux, sur cette antenne. Je suis donc simplement heureuse d'être en face d'une bonne intervieweuse. »
Jeanne raconte ensuite son parcours scolaire, entre classes adaptées et milieu ordinaire. « En primaire, j’étais en CLIS et (…) au lycée, en ULIS », explique-t-elle, en soulignant combien ces dispositifs l’ont aidée en français et en anglais. Résultat : une réussite très concrète, jusqu’à « le fameux doublage dans le film de Valentina ».
De l’enfant “en situation de handicap” à l’élève, tout simplement
La ministre rappelle le principe qui guide l’action publique : « Un enfant en situation de handicap, c’est d’abord un élève. » Et donc, une responsabilité collective : « C’est la responsabilité de l’État que chaque élève puisse trouver sa place dans notre école, quel que soit son handicap. » L’objectif affiché est celui d’un parcours fluide, qui ne se résume pas à juxtaposer des solutions.
Au micro, Camille Galliard-Minier propose une évolution majeure : faire entrer davantage le médico-social dans l’école, pour sortir d’une logique de séparation. « Qu’on ne voie plus la situation en silo », résume-t-elle, afin que l’accompagnement s’organise au plus près des besoins réels, et non à distance. Une approche qui vise aussi les situations les plus complexes, notamment le polyhandicap.
La ministre illustre cette dynamique avec une visite récente près de Brest, dans un collège accueillant une « unité d’enseignement externalisé pour personnes en situation de polyhandicap ». Des jeunes y viennent « une demi-journée, trois demi-journées dans la semaine » et partagent aussi la vie du collège, « pendant les pauses méridiennes ». Pour les familles, l’impact est immédiat : voir leur enfant « considéré comme étant [un] collégien ».
AESH, coordination, conditions de travail, école : construire une inclusion durable
La discussion annonce aussi un sujet très attendu par les auditeurs : celui des AESH, ces accompagnants d’élèves en situation de handicap, souvent en première ligne. L’émission rappelle que de nombreux témoignages évoquent des rythmes soutenus, des accompagnements multiples et une précarité persistante.
Pour avancer, Camille Galliard Minier insiste sur la coordination entre institutions, notamment avec l’Éducation nationale et les ARS, afin que « le parcours des enfants puisse dès le début avoir un parcours fluide sans interruption ». Son fil rouge : « Mettre les personnes au centre des dispositifs », et faire en sorte que « les institutions s’adaptent à ces demandes ». Une vision qui transforme l’école inclusive en engagement concret, et non en slogan.
La ministre annonce le recrutement pour la prochaine rentrée scolaire de 2000 AESH et de la poursuite d'un chantier autour d'une titularisation. Pour écouter l'interview en intégralité, cliquez sur les capsules en tête d'article. L'interview a également porté sur l'accessibilité, l'image du handicap dans la société, l'emploi ou encore la simplification administrative.

