À Bourron-Marlotte, le Club de l’amitié transforme une journée grise en rendez-vous chaleureux. Scrabble, danse en ligne et échanges sincères : ici, le lien social se cultive simplement, ensemble.
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Un club ouvert à tous, pour rompre l’isolement
Dans la salle, l’ambiance se prépare comme une fête : des plateaux de Scrabble posés avec soin, des chaises rapprochées, et cette impatience joyeuse d’être bientôt « entre amis ». À Bourron-Marlotte, le Club de l’amitié porte bien son nom : il accueille celles et ceux qui veulent partager un moment, quel que soit leur âge.
Si l’on y vient parfois pour une activité, on y reste souvent pour l’atmosphère. Ici, personne n’a besoin de se justifier : on pousse la porte, on s’assoit, on discute. Et, semaine après semaine, ce rendez-vous devient un repère, un point d’ancrage, une respiration. Le club est pensé comme un espace simple et accessible, où l’on se sent attendu, reconnu, à sa place.
Scrabble, rires et habitudes : la convivialité en actions
Avant l’arrivée des adhérents, Élisabeth s’active : « Je suis en train de préparer le scrabble parce que j’ai toutes mes petites amies qui vont arriver. » Dans cette phrase, il y a plus qu’une organisation pratique : il y a l’attention portée aux autres. Préparer les jeux, c’est préparer l’accueil. Et l’accueil, ici, n’est pas un mot : c’est une manière d’être.
Le Scrabble devient alors un prétexte heureux pour se retrouver, stimuler la mémoire, se lancer des défis en douceur… et surtout rire ensemble. Les parties s’accompagnent de petites histoires du quotidien, de souvenirs, de nouvelles du village. Ce sont ces moments ordinaires, répétés, qui font un lien solide : on se revoit, on prend des nouvelles, on se soutient. La chaleur du collectif se construit dans ces détails, avec une régularité rassurante.
Danse en ligne et rock : une énergie pour « rajeunir les cadres »
Pour faire vivre le club et attirer de nouveaux visages, Élisabeth mise aussi sur des ateliers plus dynamiques. « C’est la raison pour laquelle je lance deux ateliers un peu plus jeunes et dynamiques, danse en ligne et rock’n’roll », explique-t-elle.
La danse en ligne, « style Madison », vient d’être lancée et l’élan est déjà là. « C’est sympa, c’est bien suivi », se réjouit la présidente. Des « jeunes retraités » ont rejoint l’aventure, et même « une jeune maman avec sa fille ». Le message est clair : le Club de l’amitié n’est pas un lieu figé, mais un espace vivant, qui s’adapte et se réinvente. Ici, l’amitié se danse autant qu’elle se raconte.
Le lien social, une nécessité… et une force
La secrétaire, Micheline, parle du club avec une sincérité qui touche. Pour elle, l’enjeu est concret : « Moi-même, en situation de handicap, j’apprécie beaucoup parce que ça me permet d’avoir des contacts régulièrement. »
Micheline raconte aussi ce basculement que beaucoup connaissent : l’arrêt du travail, la rupture de rythme, le manque de relations quotidiennes. Après une carrière marquée par le relationnel, « ça me manquait beaucoup », confie-t-elle. Dans ce contexte, le Club de l’amitié joue un rôle discret mais essentiel : il recrée une dynamique, redonne une place, offre une continuité. Élisabeth le résume avec justesse : « C’est le moyen aussi pour de nombreuses personnes seules… de rejoindre un endroit sympathique, chaleureux, convivial. »
À Bourron-Marlotte, ce club rappelle une évidence : le lien social n’est pas un luxe, c’est un besoin humain. Et il se construit grâce à des personnes qui s’engagent, organisent, ouvrent la porte et prennent le temps. Si vous cherchez une activité, vous trouverez un jeu ou une danse. Si vous cherchez mieux encore, vous trouverez un groupe qui vous attend — et une amitié qui se tisse, semaine après semaine.

