Biodiversité : les vraies bonnes idées pour la préserver

Camille Tribet· 12 mars 2026 à 08:30
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Et si protéger le vivant, c’était aussi prendre soin de nous ? La chercheuse Tatiana Giraud partage des solutions simples pour mieux protéger le vivant dans son nouveau livre : la biodiversité en infographie

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La biodiversité, notre alliée invisible au quotidien

« Tout est complètement lié dans les deux sens », résume Tatiana Giraud, directrice de recherche au CNRS et membre de l’Académie des sciences. Nos activités humaines impactent les écosystèmes, mais l’inverse est tout aussi vrai : « la santé humaine et le bien-être des populations humaines (…) dépendent directement de la bonne santé des écosystèmes ». Derrière ce constat, une idée forte : le vivant n’est pas un décor, c’est une infrastructure essentielle.

Quand les écosystèmes fonctionnent, ils rendent des services vitaux : filtration de l’eau, purification de l’air, stockage du carbone, fertilité des sols, pollinisation. Autant de mécanismes qui soutiennent nos vies, souvent sans que l’on s’en rende compte. Comprendre ces liens, c’est déjà se donner une chance d’agir plus juste et plus efficacement.

Sortir du cliché : la biodiversité, ce n’est pas qu’une poignée d’espèces

On pense souvent biodiversité en imaginant quelques animaux « charismatiques » : lions, abeilles, grands mammifères. Or, « la biodiversité, c’est déjà majoritairement des micro-organismes », rappelle Tatiana Giraud : insectes, champignons, bactéries, plantes… un monde immense, discret, mais décisif. Son livre La biodiversité en infographie (éditions Tana) remet ces acteurs du vivant au centre, avec un objectif clair : « comprendre pour agir ».

« Ce n’est pas une collection d’espèces, c’est un équilibre dynamique », explique la scientifique. Chaque espèce dépend d’autres espèces, d’un habitat, de cycles naturels. Protéger une seule espèce sans préserver son écosystème, c’est comme réparer une pièce sans regarder la machine entière.

Et si la perte de biodiversité ne se voit pas toujours à l’œil nu, ses effets, eux, deviennent tangibles. La multiplication des inondations n’est pas seulement liée au dérèglement climatique, nous explique Tatiana Giraud. Elle pointe aussi la disparition de « la biodiversité qui avant tamponnait contre les sécheresses et les trop-pleins d’eau » : zones humides asséchées, végétation retirée, cours d’eau rectifiés…

Résultat : l’eau s’écoule plus vite, les sols absorbent moins, les territoires deviennent plus vulnérables. En redonnant de la place au vivant, on restaure aussi des boucliers naturels. Une approche qui réconcilie prévention des risques, qualité de vie et protection de la nature.

Des solutions fondées sur la nature qui marchent déjà

La bonne nouvelle, c’est qu’il existe des leviers concrets. PourTatiana Giraud, il faut d’abord « supprimer les causes » : surexploitation, pesticides, destruction d’habitats, dérèglement climatique. Et surtout, privilégier « des solutions fondées sur la nature » plutôt que de miser uniquement sur des réponses technologiques « qui, de toute façon, ne marcheront pas à grande échelle ».

Dans son livre, elle prend l'exemple de la végétalisation du désert : dans certaines zones arides en Tanzanie et au Kenya, des communautés recréent les conditions du retour de la végétation. Comment ? En dessinant dans le sable des « demi-lunes » qui retiennent l’eau de pluie. « Il pleut dans le désert », rappelle-t-elle, mais sans végétation, l’eau s’échappe et le cercle vicieux s’installe. Ces aménagements simples jouent le rôle de réservoirs : l’eau reste, les plantes reviennent, et l’écosystème se relance.

On peut y lire également des exemples très concrets pour les Français. Utiliser sa carte électorale et sa carte bleue pour soutenir l'agriculture biologique, diminuer la consommation de viande, planter des essences adaptées à la biodiversité présente dans votre jardin ou participer à des projets de science participative. Parce qu’en protégeant la biodiversité, on protège aussi notre avenir commun.

#Mieux agir