Bibliothèques sonores: des bénévoles prêtent leur voix à ceux qui ne lisent plus

Camille Tribet· 3 février 2026 à 15:00
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À Bordeaux (33), des bénévoles enregistrent gratuitement romans et revues pour ceux que la santé empêche de lire. Un dispositif national appelé bibliothèques sonores.

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Dans les locaux de la bibliothèque sonore de Bordeaux Métropole, les étagères sont bien réelles : elles abritent des CD prêts à partir par la poste vers les abonnés. L’association prête gratuitement des enregistrements de livres et de revues à toutes les personnes qui ne peuvent plus lire « du fait d’un problème de santé, quelle qu’en soit la nature » précise Jean-Luc Détré, président de la branche locale.

Des “donneurs de voix” pour une lecture plus humaine

A la Bibliothèque sonore, on y trouve des livres audio, mais avec une singularité assumée : ils sont enregistrés par des bénévoles amateurs, passionnés de lecture. « Nous ne prétendons pas atteindre la qualité de ce qu’on peut trouver dans le commerce », explique-t-il, car chacun enregistre chez soi, avec son propre matériel. Et c’est précisément ce qui fait la richesse du service : « Nous leur envoyons notre voix ». Une voix imparfaite parfois, mais profondément présente, loin des voix de synthèse.

Les audiolecteurs, eux, y trouvent une chaleur rare. « Même s’il y a un petit accent, ce n’est pas gênant », rapporte la vice présidente Véronique Regley-Baudry. Cette proximité sonore crée un lien discret mais puissant : comme une lecture au coin du feu, qui traverse la distance et rompt la solitude.

Point clé : plus d’une centaine de bibliothèques sonores existent en France, fédérées par l’association Les donneurs de voix, avec près de 25 000 titres téléchargeables en ligne et de nombreux titres exclusifs aux structures locales.

Lutter contre l’isolement, une mission au cœur du projet

« On a aussi à cœur d’enregistrer toutes les nouveautés très rapidement. Par exemple, les prix littéraires… on les sort quasiment le lendemain » ajoute Véronique. Une manière de permettre à chacun de vivre la rentrée littéraire et les grands rendez-vous culturels au même rythme que le reste du public. Cette attention aux nouveautés dit quelque chose d’essentiel : ici, on ne “compense” pas seulement une difficulté, on nourrit un plaisir. Et on entretient une curiosité, un imaginaire, une liberté de choisir ses lectures.

Au-delà des livres, la bibliothèque sonore revendique une ambition sociale. « Cette participation à la lutte contre l’isolement figure en premier lieu dans les statuts », rappelle Jean-Luc. Maintenir l’accès à l’information et à la lecture, oui, mais surtout retisser du lien, offrir une présence, rendre le quotidien plus doux.

Si vous souhaitez prêter votre voix et partager vos lectures, vous pouvez vous rapprocher d’une structure proche de chez vous. Une manière simple d’agir, depuis chez soi, et de faire voyager un peu de chaleur humaine… par la poste ou par téléchargement. L'association aimerait d'ailleurs convaincre de jeunes donneurs de voix pour mieux correspondre aux profils des audiolecteurs, qui se rajeuni.