A Strasbourg, l’entreprise La Kutch propose des balades en plein air à bord de triporteurs. Des moyens de locomotion pensés notamment pour des seniors et personnes à mobilité réduite.
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Un bol d’air frais… sans barrière de mobilité
« Et là, on va pouvoir commencer à pédaler… Ça va rouler tout seul. » À l’EHPAD Saint-Joseph, Gabi s’installe pour une sortie de 30 minutes sous le soleil strasbourgeois. Direction le parc de l’Orangerie, pour retrouver les sensations d’une promenade à vélo. Même quand pédaler seul n’est plus possible.
Ce moment de plein air est rendu possible grâce à La Kutch, une entreprise alsacienne qui loue des vélos triporteurs, avec ou sans chauffeur. L’objectif est simple : permettre à celles et ceux qui ont perdu en autonomie de continuer à profiter de l’extérieur, du mouvement et des paysages.
Des vélos adaptés, pensés pour le confort et la sécurité
La Kutch propose des triporteurs à trois roues, conçus pour rassurer et stabiliser. « Ce sont des systèmes complètement sécurisés », explique Steve Birgel, président et fondateur. Les pieds peuvent être maintenus avec des sangles, le fauteuil roulant arrimé sur une plateforme, et chaque sortie inclut l’équipement nécessaire.
« Le chauffeur est compris dans la location, tout comme l’équipement de sécurité et de confort : casque, et même une petite couverture en période hivernale », précise-t-il. L’idée n’est pas seulement de transporter, mais de faire vivre une expérience agréable et sereine, où chacun peut se détendre et profiter du paysage.
Retrouver les sensations de jeunesse, au rythme de chacun
Sur certains modèles, la personne accompagnée peut aussi pédaler. « C’est un tandem côte à côte : on est assis l’un à côté de l’autre », décrit Steve. Plusieurs modes existent : pédaler “à vide”, pédaler au rythme du chauffeur, ou laisser l’assistance faire le reste. De quoi s’adapter à l’envie du jour, à l’énergie et aux capacités.
Pour Gabi, l’effet est immédiat. « On profite de tout ça… on redécouvre comment ça a repris : les arbres, les fleurs, les parterres. » Et au-delà du décor, il y a le corps qui se réveille : « Ça nous dégourdit les jambes », confie-t-elle, avant de sourire à l’idée des souvenirs qui remontent : « Les sorties en vélo quand on était gamin, les courses avec les gling-gling. »
Une idée née du terrain, pour créer du lien et des souvenirs
Si le projet touche autant, c’est qu’il vient d’une réalité observée au quotidien. Avant de fonder La Kutch, Steve Birgel a travaillé quinze ans dans la vente de matériel médical. « J’ai vu qu’il manquait d’activités extérieures pour ces personnes en perte de mobilité », raconte-t-il. Le déclic se produit dans une maison de retraite, face à un ancien pêcheur en fauteuil roulant.
« Il est en fauteuil, ça ne veut pas dire qu’il ne peut pas aller à la pêche », se souvient-il. De là naît une promesse intime : « Je vais t’emmener à la pêche… et on va te trouver un moment de bonheur partagé. » Aujourd’hui, les balades se vivent souvent en famille : enfants et petits-enfants sont invités, et la sortie devient un prétexte joyeux pour discuter, respirer et se reconnecter.
À Strasbourg et en Alsace, La Kutch rappelle qu’il suffit parfois d’un vélo bien pensé et d’une présence attentive pour rouvrir le champ des possibles. Une invitation simple : remettre du dehors, du mouvement et du sourire dans le quotidien, un coup de pédale après l’autre.

