Et si la meilleure façon de consommer la mode était… de la faire durer ? Avec Klincare et "5 à sec", Olivier Boccara défend un textile plus durable, ancré localement et tourné vers le service.
À écouter
Un groupe connu… qui s’est réinventé
Beaucoup connaissent "5 à sec", sans forcément savoir que l’enseigne appartient aujourd’hui au groupe KlinCare. « On a changé le nom du groupe il y a deux ans pour illustrer le fait qu’aujourd’hui, on n’est plus seulement 5 à sec », explique son président, Olivier Boccara. Objectif : refléter une activité devenue plus diverse, avec notamment Baechler en Suisse et CleanWay pour les clients professionnels.
Les chiffres donnent la mesure : 1 400 collaborateurs, 1 600 boutiques et une présence dans 30 pays. Une empreinte internationale : la marque est présente par exemple au Brésil avec plus de 700 magasins.
La durabilité comme nouvelle boussole du pressing
Le pressing vit une transformation profonde : moins de costumes au bureau, montée de la fast fashion, nouveaux réflexes de consommation. « Les gens qui achètent des vêtements à 5 euros… ne les emmènent pas ensuite au pressing », constate Olivier Boccara. Face à cette réalité, le Groupe KlinCare choisit un cap clair : accompagner le retour à des vêtements de meilleure qualité, que l’on garde plus longtemps.
« Notre mission, c’est de les garder le plus longtemps possible en bon état », résume-t-il. Un message simple, presque rassurant : acheter moins, mais mieux, et entretenir pour prolonger la vie des pièces. Une approche qui parle autant au portefeuille qu’à la planète, en misant sur le « coût d’usage » plutôt que sur l’achat compulsif.
Uniformes de travail : un modèle malin, proche des salariés
Côté entreprises, le groupe KlinCare déploie CleanWay et mise sur un atout différenciant : s’appuyer sur son réseau de boutiques pour simplifier la vie des salariés. « On se sert de notre réseau de pressing pour proposer aux salariés de passer dans ce réseau pour entretenir leurs uniformes », détaille Olivier Boccara. Une façon concrète de relier service de proximité et besoins professionnels.
Uniformes, tenues de travail, textiles de qualité : le groupe veut développer cette activité en France comme à l’international. Et là encore, la logique reste la même : faire durer. « Achetez de la qualité et au final, vous serez gagnant… parce que nous… on va les faire durer le plus longtemps possible ».
Le pressing de demain
Pour KlinCare, l’avenir se construit au plus près des habitants. « On a la chance de rester un commerce de proximité », souligne Olivier Boccara, qui compare le pressing à ces repères du quotidien : coiffeur, boucher, commerces de quartier. Dans cette relation, la qualité du lien compte autant que la prestation : « On est complètement dépendant de la qualité de nos équipes, du lien avec les clients. »
Le groupe prépare aussi l’élargissement des services : davantage de couture pour proposer « une palette totale » autour du vêtement, et des solutions plus pratiques comme le service à domicile ou des points de collecte. Dans certains pays, ces formats existent déjà, notamment au Brésil et en Asie, preuve qu’un pressing peut devenir un véritable service du quotidien, adaptable aux usages locaux.
À l’heure où l’on cherche des solutions simples pour consommer autrement, l’entretien textile redevient un réflexe positif. Faire durer un vêtement, le réparer, le soigner : autant de petits gestes qui, mis bout à bout, dessinent une mode plus apaisée. Et si, cette semaine, on commençait par regarder sa garde-robe autrement : non pas comme un stock à renouveler, mais comme un patrimoine à faire vivre ?

