Elle a eu peur des araignées pendant 13 ans. mais aujourd'hui, Jessica (Terrapodia)s'en émerveille. Avec « Ce que les araignées m’ont appris », elle transforme une phobie en élan d’empathie.
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Une rencontre traumatisante… devenue point de départ
Tout commence à 12 ans, dans une salle de bain. Jessica se souvient d’un geste banal après la douche, quand une « grosse tégénaire » tombe sur son pied et s’enfuit « dans un mouvement très rapide ». L’image s’imprime alors et la peur s’installe durablement. « Ça a vraiment été le début d’un long désamour avec les araignées », affirme-t-elle. Mais Jessica, vous la connaissez peut-être mieux sous le nom Terrapodia.
Sur YouTube, Jessica met en lumière les arthropodes : insectes, araignées, millepattes ou crustacés. « J’essaie de prendre un peu leur défense parce que ce sont des animaux qui sont souvent mal aimés ou mal perçus », explique-t-elle. Son approche est simple et efficace : 4 minutes pour apprendre à regarder autrement. En comprenant leur diversité, leurs comportements et leur rôle, la peur recule souvent d’elle-même. « Une fois qu’on a commencé à les voir différemment et à ouvrir cette porte, on a plein de choses qui peuvent nous émerveiller », souligne Jessica.
Un livre personnel au double discours, qui retrace ses rencontres avec les araignées. De son point de vue, mais aussi de celui des arthropodes. 13 ans d'arachnophobie qui se sont progressivement transformés en émerveillement pour ces petites bêtes à 6 ou 8 pates.
Donner une “voix” aux araignées
Dans « Ce que les araignées m’ont appris », l’autrice se livre différemment, de façon plus personnelle. Elle retrace différentes rencontres marquantes avec des araignées et tente un nouveau regard avec parfois, en italique, le point de vue de la petite bête. Un choix délicat, qu’elle assume avec nuance. « Personne ne saura ce qu’il y a dans la tête des araignées », rappelle-t-elle, tout en défendant l’intérêt de l’exercice. Ainsi, pour éviter l’anthropomorphisme, Jessica s’appuie sur ce que la science connaît de leurs sens et de leur perception. Une façon d’ouvrir un chemin : celui de l’empathie, même envers le non-humain.
Repenser notre place parmi les vivants, à hauteur d’écosystème
L'araignée pourrait n'être ici qu'un prétexte. A travers les pages, repenser la place de l'araignée permet aussi de changer de réapprendre à se situer dans le vivant. « On considère que l’humain et la nature sont deux choses séparées, alors que l’humain est un animal parmi les autres », insiste-t-elle.
Elle sont là « depuis des millions d’années, bien avant nous ». Une mise en perspective qui apaise et remet du sens : au lieu de “vaincre” ce qui nous dérange, il devient possible de partager le territoire. Et de tolérer, voire d’apprécier, ces voisins discrets qui participent aux équilibres naturels.
Si une araignée s'est introduite dans votre logement, l’histoire de Jessica invite à tenter un petit pas : respirer, observer, et se demander ce que l’on voit vraiment. Parfois, la connaissance ne chasse pas seulement la peur : elle ouvre une porte vers l’émerveillement.

