Des Jeux olympiques parisiens enfin paritaires, et pourtant l’égalité reste à gagner sur le terrain. En France, l’association Alice Milliat poursuit le combat de cette figure marquante du sport féminin.
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Alice Milliat, plus qu'un nom c'est une figure du sport féminin encore trop peu connue. Elle s’est battue pour que les femmes aient accès aux compétitions internationales et, surtout, à tous les sports, à une époque où certaines disciplines leur étaient implicitement interdites. « Alice Milliat, c’est une grande pionnière de l’histoire du sport au féminin, mais de l’histoire du sport en général », rappelle Tess Ternand, directrice générale de l’association qui porte aujourd’hui son nom.
Son combat ne s’est pas limité à des discours. Alice Milliat a pris des responsabilités dans les clubs, a géré, organisé, structuré. Présidente, trésorière, fondatrice de fédérations dédiées aux femmes, elle a créé des compétitions pour rendre visible le sport féminin et le rendre incontournable. Son objectif : prouver par l’organisation et la performance que les femmes ont toute leur place, jusqu’aux Jeux olympiques.
Cette histoire, longtemps restée en marge, retrouve aujourd’hui une place centrale grâce à celles et ceux qui la transmettent. L’association Alice Milliat en fait partie. En redonnant un visage et un parcours à cette pionnière, elle offre aussi un repère aux jeunes générations. Preuve s'il en fallait que pour arriver à une édition des Jeux de Paris paritaire, il a fallut construire années après années, une égalité qui consolide encore ses fondations.
Au collège Sévigné, un débat pour passer des chiffres aux réalités
Dans le 5e arrondissement de Paris, au collège Sévigné, une diffusion suivie d’un débat réunit élèves et intervenantes autour d’une question simple et décisive : quel a été le chemin parcouru et que reste-t-il à faire pour plus d'égalité dans le sport ? Claudia, chargée de développement territorial à l’association, pose un constat : « On pourrait se dire : voilà, c’est fait… mais il faut toujours creuser plus loin », explique-t-elle, en pointant des différences encore fortes sur les salaires, les conditions d’entraînement et la reconnaissance. Ce travail pédagogique est précieux, parce qu’il aide à distinguer l’égalité “dans les chiffres” de l’égalité “dans les faits”. La parité sur une liste de participantes ne garantit pas la même exposition médiatique, les mêmes moyens, ni la même sécurité de carrière. Et dans les établissements scolaires, parler de ces sujets permet aussi de déconstruire des idées reçues : non, le sport féminin n’est pas “un sous-sport”, et non, l’histoire n’a pas commencé hier. Le débat devient alors un tremplin. Il ne s’agit pas seulement de constater des écarts, mais de comprendre comment on les réduit : en rendant visibles des modèles, en soutenant les pratiques, et en donnant aux jeunes l’envie d’occuper l’espace, sur un terrain comme dans une salle de réunion.En France, « en allumant la télé, vous avez 5% de chances de tomber sur du sport féminin » rappelle Claudia. Un chiffre qui rappelle l’importance de la visibilité pour accélérer l’égalité.
Pourquoi plus de femmes dirigeantes, arbitres et entraîneuses change tout
L’association Alice Milliat ne se limite pas à défendre la pratique sportive. Elle insiste sur un autre levier, souvent moins visible : la place des femmes dans l’encadrement et la gouvernance. « Sur les questions des dirigeantes, encadrantes, arbitres… on voit qu’il n’y a pas encore assez de femmes » constate Claudia. Or, là où se prennent les décisions, la représentation compte. Avoir davantage de femmes aux postes de responsabilité, c’est agir sur les règles du jeu : horaires d’entraînement, accès aux infrastructures, priorités budgétaires, prévention des violences, accompagnement des carrières. C’est aussi garantir que les besoins spécifiques soient entendus sans être minimisés. Et c’est, plus largement, installer une culture où les filles se projettent naturellement comme joueuses, mais aussi comme coachs, présidentes de club, préparatrices physiques ou arbitres. La question est d’autant plus importante que les droits peuvent reculer si on les croit acquis. Transmettre ce messages aux collégiens, c'est planter des graines. Et c’est aussi là que l’héritage d’Alice Milliat prend tout son sens : ouvrir des portes, ce n’est pas seulement autoriser l’entrée. C’est permettre à chacune de s’y sentir légitime, et d’y rester.Des modèles qui se multiplient, grâce aux nouveaux médias
Connaissez-vous des sportives françaises actuelles ? « Généralement, il n’y a que Serena Williams qui sort », observe Claudia, avant de se réjouir de voir d’autres noms émerger. Dans la salle, on cite Laure Manaudou, Wendy Renard, Clarisse Agbegnenou, Violette d'Orange ou encore Caitlin Clark. Cette diversité n’arrive pas par hasard. Les réseaux sociaux, souvent critiqués, jouent ici un rôle d’accélérateur. « On parle toujours mal des réseaux sociaux… mais c’est vraiment un outil indispensable », souligne Claudia « Pour la première fois, elles peuvent se raconter elles-mêmes », insiste-t-elle. La visibilité devient alors un cercle vertueux : plus on voit de sport féminin, plus on s’y intéresse ; plus on s’y intéresse, plus les diffuseurs et les sponsors suivent. Grâce à des pionnières comme Alice Milliat, et à celles et ceux qui prolongent son action, l’histoire du sport s’écrit désormais avec plus de voix, plus de visages, et une ambition simple : que l’égalité se voie, se vive et se transmette, durablement. Et que chacun et chacune puisse s'épanouir physiquement et mentalement grâce au sport.#Association#Mieux agir

