Et si une simple paire de lunettes pouvait changer une vie ? Avec sa start-up Abeye, Michael Kodochian développe une solution discrète qui atténue la dyslexie et redonne confiance.
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Quand la lecture redevient fluide… et que l’estime de soi remonte
On associe souvent la dyslexie à la difficulté de lire. Pourtant, ses effets vont bien plus loin : « ça touche aussi l’estime de soi, la confiance en soi », rappelle Michael Kodochian. Lors des premiers tests en laboratoire, une scène le marque durablement : une jeune fille enfile le prototype et se met à lire « de manière très fluide ». Le soulagement est immédiat, presque visible.
Mais la phrase qui suit révèle l’essentiel. La fillette ne parle pas de livres ni de notes : « Moi, maintenant, je vais être comme mes copines ». Pour le fondateur, c’est une bascule : l’enjeu n’est pas seulement scolaire, il est social, intime, identitaire. Atténuer la dyslexie, c’est aussi permettre à chacun de trouver sa place sans se sentir à part.
Un handicap invisible, souvent tu… et des lunettes qui ne stigmatisent pas
La dyslexie a cette particularité de rester souvent cachée. « C’est un handicap invisible. Si on ne lit pas, personne ne s’en rend compte », explique Michael Kodochian. En entreprise notamment, beaucoup choisissent de ne rien dire, par crainte d’être jugés ou incompris. D’où l’importance d’une solution qui aide sans étiqueter.
L’ambition d’Abeye est claire : proposer des lunettes « qui ressemblent le plus possible à une lunette standard ». Les branches sont un peu plus épaisses, car elles intègrent de l’électronique, mais l’objet reste discret. Une manière de soutenir le quotidien sans attirer l’attention, et de laisser à chacun la liberté d’en parler… ou non. « La dyslexie est un handicap invisible » : une réalité qui pousse Abeye à concevoir des lunettes non stigmatisantes, proches d’un modèle classique.
Abeye : la technologie miniaturisée au service du bien-être
L’idée naît d’un constat simple : l’électronique et les batteries ont été suffisamment miniaturisées pour se glisser dans des objets de tous les jours. « Je porte des lunettes depuis que j’ai 3 ans. Je me suis dit : on peut miniaturiser l’électronique pour apporter quelque chose de plus dans les lunettes », raconte le créateur. Le projet se construit alors sur une promesse : associer correction optique et service de santé, en toute discrétion.
Le nom n’a rien d’anodin. Comme l’insecte, la start-up veut apporter « quelque chose d’évident » et « quelque chose d’important pour l’humanité », sans bruit. « Le miel » d’un côté, « la pollinisation » de l’autre : une métaphore d’une technologie utile, qui s’intègre naturellement à la vie.
De l’innovation au progrès : embarquer toute la société
Le développement d’Abeye s’appuie aussi sur une rencontre avec le terrain. En 2016, des opticiens expriment une attente forte : « Nous ne sommes pas des vendeurs de lunettes, nous voulons proposer des solutions à valeur ajoutée ». Le fondateur leur propose alors de créer la société, avec un modèle en symbiose : même culture de l’innovation, même objectif de service.
Pour Michael Kodochian, le prochain défi est collectif. « Aujourd’hui, on a entre les mains une innovation technologique de rupture et j’aimerais en faire un progrès. » Pour y parvenir, il appelle à une mobilisation large : monde académique, scientifique, associatif… afin de vulgariser, expliquer et démocratiser l’usage. Une invitation à regarder la dyslexie autrement, et à soutenir les solutions qui permettent à chacun d’avancer, sereinement, à son rythme.
Parce que derrière une paire de lunettes, il y a parfois bien plus qu’un confort visuel : il y a une confiance retrouvée, et une place reprise dans le groupe. Et ça, c’est une bonne nouvelle qui mérite de circuler.

