A Strasbourg, un four à pain collectif pour créer du lien et de la convivialité

Francois Willmann· 23 février 2026 à 07:00
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Dans le quartier de la Cité de l’Ill à Strasbourg, un groupe de femme a fait installer un grand four à pain collectif. Un moyen de créer du lien social et des moments de convivialité.

À écouter

Un four à pain qui réchauffe le quartier

Une petite fumée blanche, des braises qui crépitent, et des parfums de légumes confits : dans le jardin du centre socioculturel de l’Escale, le four à bois attire naturellement. Installé dans le quartier de la cité de l'Ill à Strasbourg, il est ouvert à toutes et tous, qu’on vive ici ou non. L’idée est simple : se retrouver autour d’une cuisson, et laisser la convivialité faire le reste. Au menu du jour, des poivrons, aubergines, oignons et ail, bientôt transformés en slata méchouilla, une salade orientale. Et bien sûr, du pain !

Du pain maison… et mille recettes partagées

À la manœuvre, Lynda Ferdjani, animatrice du four à pain, orchestre les fournées et les envies. « C’est une belle machine, c’est un grand four », sourit-elle, en énumérant ce qu’on y prépare : pains, pizzas, légumes confits, tajines, brioches, tartes flambées… La cuisson au feu de bois change tout, comme le résume une habituée : « C’est un goût exceptionnel dans le four, rien à voir. » Même lorsque le pain prend plusieurs teintes, l’esprit reste léger : « Il a de la couleur… après, c’est du feu ! »

Un point commun entre les cultures, devenu projet commun

Avant le four, il y a eu un atelier de confection de pains issus de différentes traditions. Et une conversation qui a fait tilt : « Chez nous, au pays, on n’avait pas de four forcément à la maison, du coup, on confectionnait le pain et on allait le cuire chez le boulanger du coin. » Maroc, Turquie, Algérie, Tunisie… Les récits se répondent et révèlent un point commun. De cette mémoire partagée est née une évidence : recréer ici ce lieu de passage, de gestes transmis et de rencontres spontanées.

Au fil des cuissons, le four devient un repère. « Moi, je n’ai pas de famille et c’est ma famille », confie une participante, présente toute l’année. Dans ce coin de Strasbourg où se croisent les nationalités, la recette est surtout humaine : « Ça fait vraiment une fraternité entre nous… Ici, à la cité, on vit en famille. »

Un lieu de joie qui accueille aussi les personnes isolées

Le four ne sert pas seulement à repartir avec son pain : il offre un prétexte pour se parler, s’entraider, apprendre. « C’est vraiment un endroit qui va réunir énormément de monde, un partage de culture, un partage de connaissances, de savoir-faire, de convivialité », insiste Lynda. Elle voit aussi arriver des personnes plus discrètes : « Des fois, c’est des personnes qui sont un peu isolées… juste en passant, voient le four et viennent questionner. » Une simple question, et la porte s’ouvre sur un moment collectif « dans une ambiance de joie, de bonheur ».

Point clé : le four est accessible à toutes et tous sur réservation, par créneaux de 30 minutes, avec une participation de 0,50 € par cuisson.

À la cité de l'Ill, le feu de bois devient un feu de lien : on vient pour cuire, on reste pour échanger. Et si la prochaine bonne idée pour son quartier tenait, elle aussi, dans un geste simple à partager ?

#Mieux être#Strasbourg